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Faire le deuil de devenir maman.

M
42 ans Ici et là... 1837
Merci pour vos réponses, je vais essayer de répondre à tout.

En intro, je viens d'apprendre que mon cousin et sa femme viennent d'avoir leur 2ème enfant, je ne savais  
même pas qu'elle était enceinte (ils habitent dans le sud) et je ne sais pas ce qui fait le plus mal : qu'ils aient un autre enfant ou qu'ils ne m'en aient pas parlé...

Bref...

Célia > le problème est qu'il n'a pas été clair dès le départ. Tout le monde a le droit de changer d'avis mais peut être je ne serais pas avec lui s'il m'avait dit dès le départ qu'il n'en voulait pas. Toi tu es apparemment claire dès le début.

En même temps, et je ne cesse de lui répéter, ce n'est pas exclusivement lui qui va m'en priver, et si j'en veux à quelqu'un ce ne sera pas qu'à lui. Parce qu'au final ça tombe sur lui parce que j'ai l'âge que j'ai, mais j'ai tout un passé derrière moi et ce passé y est aussi pour quelque chose dans la situation. En plus rien ne dit que s'il avait été d'accord, j'aurai pu tomber enceinte, ni mener une grossesse à terme ni élever un enfant d'ailleurs... Bref, j'avais déjà en tête l'hypothèse que peut être je ne serai jamais maman mais ça m'angoissait tellement d'y penser que je zappais...

WDpowoa > Ne pas renoncer à l'enfant pour privilégier une relation me semble tout aussi bête que de renoncer à un couple dans lequel je suis bien aujourd'hui pour aller chercher ailleurs un géniteur pour un bébé que je n'aurai finalement peut être jamais.

Quand on est rentré à la maison après l'annonce dans la voiture, je me suis écroulée en larmes sur le lit, je n'était plus vraiment maitresse de moi même et il était désemparé. Il m'a proposé d'en parler autour de moi mais je lui dit que personne ne comprendrais car dans mon entourage tout le monde a eu des enfants. Pour moi c'était clos, je ne pouvais pas en parler, j'ai donc continuer à pleurer. A ce moment il a envoyé un mail à ma mère et à ma soeur leur disant que j'allais pas bien et qu'elles me rappellent. Ma mère a été la 1ère a tel. Evidemment elle n'a pas compris ce que je pouvais ressentir, évidemment elle m'a dit ce que je savais qu'elle me dirait... mais les relations avec ma mère je m'entraine depuis 40 ans alors je l'ai connait mieux que celles avec mon compagnon lol.

Oui les risques sont grands, je le sais depuis le début mais je mets des oeillères et je me trouves des excuses. C'est comme ça... Si je meurs en accouchant, je n'aurais pas vraiment de regret parce que les morts n'en ont pas, mais je pense que ça serait regrettable quand même...

Pour tes remarques :
- est ce qu'on sait pourquoi on tombe amoureux d'un ou d'une tel ? Quand on s'est rencontré, je n'ai pas du tout accroché avec lui !! Et puis un an après je me suis dit que finalement il était pas si mal que ça et que je pourrais ptêt tenter, il a été d'accord, on est sorti ensemble et au bout de qq jours je suis tombée amoureuse comme une ado lol pourquoi ? Comment ? bonne question :shock:
- ça c'est la grande histoire de ma vie, je trouve mon plaisir quand je fait plaisir aux autres donc...
- Quand à LA réponse à LA question, je ne sais pas , ça met beaucoup d'autres choses en jeu psychologiquement parlant pour moi et je pense qu'il n'y a pas LA mais LES réponses, une réponse pour chaque élément que j'ai mis derrière ce désir d'enfant.

Le chat > ton raisonnement est pur hypothèse, moi il faut vraiment que moi, femme qui veut des enfants, je me mette à la place d'un homme, le mien en l’occurrence, qui n'en veut pas et qu'en plus je rajoute dans tes questions toutes les histoires de santé et de PMA.
34 ans \o/ dans mon ptit paradis ... \o/ houhou \o/ 120
Bonjour :-)

Haha le chat je pense quand même que c’est un peu moins caricatural :-)
En tout cas pour moi ça l'est,
je n'ai jamais été en quête du parfait géniteur par exemple :D
Mais dans un sens tu as raison « bien compliqué tout ça » :p

Je crois que dans l’histoire de mathilde comme dans la mienne ce qui nous touche,
tu contrediras hein mathilde si je me trompe,
c’est de ne pas avoir eu de réponse claire dès le départ
et donc de ne pas avoir pu faire un choix en toute conscience

Dans mon cas c’est ça qui a du mal à passer
et je suis pas loin d’en vouloir à mon compagnon pour cette raison,
la frustration me menant à penser qu'il a omis ce « détail » sciemment
pour poursuivre cette relation qui aurait, peut être, été rompue si au bout de 6mois/1an
il m'avait dit que nos projets de vie étaient si différents

ah non non mathilde je ne voulais pas dire de renoncer à cette relation pour aller chercher un géniteur ailleurs,
si tu as compris ça de mes propos c'est que je me suis mal exprimée

Je voulais simplement mettre en avant qu'être épanouie dans un couple
n'est pas forcément ce qui peut balayer ce désir d'enfant
En tout cas c'est comme ça que je le vis
moi aussi j'ai fait le choix de rester avec mon compagnon malgré sa non décision à l'époque
et alors que de mon côté ce désir profond était à son apogée
Et en tant que "compagne" je ne le regrette pas,
nous sommes heureux ensemble,
nous sommes bien dans notre maison,
nous avons des projets,
nous ne nous disputons pas
bref la vie de couple "rêvée"
sauf que j'éprouve un énorme vide à l'intérieur que tout l'amour et le soutien de mon chéri ne pourront combler
et ça serait d'ailleurs injuste de lui demander cela

Bref je ne te disais pas de quitter cet homme pour chercher un géniteur,
j'aime pas cette idée en plus :p

Au final je pense que pour « réussir » ce deuil
on devra mettre à plat tout ce qui nous aura conduit à cette situation
Par exemple, je n'en veux pas à mon amoureux (pour le moment)
parce que je sais qu’inconsciemment je l'ai aussi choisi pour ce non désir,
enfin pour être plus précise j'ai pu tomber amoureuse et envisager un avenir avec lui
parce que je savais que si jamais nous n’avions pas d’enfant ça ne le blesserait pas plus que ça
puisque n’étant moi-même pas certaine de ma fertilité
(merci au « médecin » qui m'a diagnostiqué stérile sans plus d’examen quand j'avais 18ans:/)
je me refusais à me mettre en couple par crainte de faire vivre ce deuil à quelqu’un

Enfin, pour le « et maintenant je fais quoi » pour l’instant je n'en sais rien

À peu près toute ma vie est tournée vers l'enfance et l’éducation,
ma formation initiale, mon job et même mes loisirs
me font sans cesse repenser à ces enfants que je n'aurais jamais, pas facile
Puis je me suis toujours projetée maman occupée, entre autre, à élever ses enfants
là je suis devant une feuille blanche,
ok elle me laisse une multitude de possibilités mais pour le moment ce que je ressens j’avoue
c'est plus la peur que l’euphorie de la nouveauté

Affaire à suivre

Sinon mathilde comment tu te sens depuis ce week end ?
As-tu réussi à digérer un peu cette nouvelle ?
Je ne sais pas si je me trompe mais je crois entrevoir dans ton dernier message tous les arguments que TU avais pour plutôt choisir de renoncer à la maternité,
tu essayes de t'en convaincre ou au contraire tu t'autorises enfin à les voir maintenant que la décision de ton conjoint est prise ?

J’espère que tu vas cheminer vers la paix intérieur et que ça ne sera bientôt plus douloureux
Quant à ton cousin et son nouveau né,
aghr je comprends ce que tu as dû ressentir face à cette nouvelle venue de nulle part
je comprends également le cas de conscience de ce couple sachant ton désir d’enfant,
c'est bien délicat, courage

Laetitia
103 ans 774
Mathilde76 j'ai 6 années de moins que toi et pas de conjoint à l'horizon (ni dans le futur et ni dans le passé depuis de longues années ^ ^), alors le deuil... Depuis que j'ai passé le cap des 30 ans, j'ai appris à l'envisager... je pensais y être arrivée jusqu'il y a quelques mois. Parce que je me disais que faire un enfant seule, je ne pourrais pas pour plusieurs raisons, surtout pratiques... sauf que dorénavant c'est devenu assez obsessionnel, et le problème c'est, je crois, que l'envisager toute seule c'est LA clé dans mon cas. Depuis mes 30 ans et peut-être même avant, l'envie d'enfant a toujours passé avant l'envie d'être en couple, du coup me concernant je crois que ça va au-delà d'une certaine pression sociale bien ancrée. Aujourd'hui j'en suis à me dire que devenir propriétaire, je ne l'ai pas fait pour moi (parce que si je meurs demain, ça me ferait bien mal la gueule que la famille supergéniale hérite alors que j'ai toujours eu à me démerder seule), à avoir même pensé que mon dressing en cours d'aménagement doit aussi être facilement transposable dans d'autres pièces au cas où ça devrait devenir une chambre d'enfant... et je commence seulement à m'avouer qu'à aucun moment, je n'ai envisagé un homme dans ces projections-là.

J'admets aussi que je viens seulement de découvrir ce sujet, parce que j'allais justement en poster un allant clairement dans l'autre sens de celui-ci (j'ai cette chance d'avoir à priori une santé qui ne bloquerait pas la démarche en milieu médical, et d'habiter un pays où faire un bébé toute seule via iad ou autre est possible), et je m'abstiendrai de le faire en fin de compte, parce qu'en tant que femme seule avec désir d'enfant, ce qui me fait mal, c'est de voir tous ces gens qui en font, pas de jalousie derrière (je trouve toujours ça trop négatif comme concept, la jalousie), juste de l'envie, et une frustration énorme.

J'ai beau me dire que j'ai déjà envisagé le deuil de l'enfant toute seule il n'y a pas si longtemps et que je le pensais acquis, je crois qu'il n'est pas facile pour une femme, tant qu'elle voit encore les signes de sa propre fertilité, de le faire totalement. Je te parlais des projections que j'avais depuis un moment, je me dis que faire le deuil c'est peut-être aussi tenter de se projeter positivement dans un avenir sans enfant (avoir lu certains articles sur les personnes âgées en maison de retraites m'avait fait un bien fou, au moment où j'ai découvert que ne pas avoir d'enfants n'empêchait pas d'avoir une vie de "vieux" tout à fait rigolote, et tant qu'à faire sans avoir à se dire "purée, mes enfants viennent jamais me voir"). Pas forcément imaginer ta vie dans 30 ans, mais imaginer les choses qui sont faisables maintenant et après, particulièrement ces choses qui sont plus difficiles à faire quand on est parent (se barrer à l'étranger pour des vacances ou pour se déraciner complètement, ne penser qu'à soi). Ces dernières choses je t'avoue ne pas pouvoir m'y projeter, parce que je ne suis pas une grande voyageuse dans l'âme.

Puis, pas mal d'études semblent tendre vers la conclusion qu'on est plus heureux sans enfant qu'avec. Bon, la définition du bonheur est subjective, mais ne pas avoir d'enfant, c'est ne pas avoir le stress de ce qu'il pourra devenir, de ce qu'il pourrait lui arriver, et une liberté bien plus grande qu'un parent... et je pense que c'est dans ce sens-là qu'il faut prendre ces études.

Et... et... pourquoi ne pas essayer de changer l'entourage ? Des quadras sans enfant homme ou femme, même s'il semble qu'ils soient moins nombreux, il y en a quand même pas mal. Ca pourrait permettre d'avoir d'autres sujets sur la table que "mes/tes enfants". J'avoue, c'est moi qui dis ça alors que je suis pas capable d'avoir une vie sociale, mais je t'avoue que je me sens plus d'affinités avec les gens qui n'ont pas d'enfants qu'avec ceux qui en ont, question de préoccupations différentes (puis de toute façon les enfants des autres, je supporte pas trop, sauf les calmes, limite timides, qui ne deviennent pas le centre du monde quand on vient en visite chez ses parents).

Je n'aide sans doute pas beaucoup, par contre tu peux aussi envisager d'aller voir un psy régulièrement, qui ne serait pas partie prenante à ce problème (perso le peu que j'en parle à ma mère, c'est "bah, toi, tu voudrais un enfant ?! je te vois pas avec ça"). Ma psy est une oreille à l'écoute, tellement à l'écoute que c'est elle qui fait régulièrement ressortir cette frustration en moi (alors qu'au début que je la voyais j'envisageais le deuil et le sujet ne venait jamais sur le tapis), et qui a quand même décidé d'en faire l'objet de la séance de... ah, bah, demain. Je présume qu'un deuil reste un deuil, et sa façon de l'aborder aussi, que ça soit concernant une personne ayant existé ou une projection d'une personne qui aurait pu exister. Je peux pas dire non plus que faire le deuil évitera les pensées tristes, ayant déjà discuté avec des femmes ayant passé l'âge qui avaient envie mais n'ont pas pu pour raisons médicales ou autres, ça reste un sujet difficile, et elles s'accrochent à d'autres choses, elles remplissent leur vie autrement.



Bref, je suis sans doute très brouillon dans tout ça, et je n'ai pas la prétention de me dire que mes écrits t'aideront, vu que je suis incapable de faire ce deuil, du moins pour le moment.
44 ans Sur un gros arbre perché 7658
Je l'évoque plus haut : Et la "co-parentalité" qui semble très en vogue ?

S'épargner l'obligation amoureuse sans tomber dans la dimension glauque du donneur anonyme.
103 ans 774
A moins d'avoir un co-parent sous le bras (genre un pote dans ce même désir dont tu connais le passé, le présent, et ses envies pour l'avenir), en trouver un dans ses cordes me semble tout aussi compliqué que de trouver un amoureux. De surcroît, tu cherches le parent d'un enfant, les exigences sont limite encore plus gigantesques vu qu'elles ne se limitent pas à une histoire d'amoureux: trouver un accord sur la garde, sur l'éducation... voire trouver quelqu'un qui te foutra la paix sur tout ça sans exigence particulière.

Et il n'y a rien de glauque au donneur anonyme je trouve, parce qu'en général il s'agit d'une démarche tout à fait assumée, et même s'il n'y a que la mère pour reconnaître l'enfant, le géniteur assume aussi parfaitement son don anonyme. En tous les cas c'est nettement moins glauque que d'espérer un "coup d'un soir" histoire de tomber enceinte, question de santé déjà, et puis histoire de pas aller faire un enfant dans le dos d'un mec qui n'a jamais rien demandé.
B I U


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