Le 17.06.05 Par ElodieG

L’approche Body Positive

L’approche Body Positive

L’approche Body Positive consiste à prendre possession de son corps,
au lieu de vivre à l’extérieur de son corps jusqu’à ce
que l’on ait atteint un poids minceur. Cette approche est constituée
d’un ensemble de concepts dont le but est de vous aider à être
mieux dans votre corps. L’un de ces concepts consiste à définir
le « poids idéal » comme le poids que l’on
fait lorsque l’on mène une vie équilibrée
, et non
comme le poids établi selon le rapport standard taille/poids ou selon
l’indice de masse corporelle. Le « poids idéal »
est celui auquel le corps se stabilise lorsque l’on n’est pas obsédé(e)
par la nourriture et par l’exercice physique. Il représente le poids
auquel le corps essaie de se maintenir en cas de régime ou, au contraire,
lorsque l’on mange au delà de sa faim. Pour la plupart des femmes, ce
poids est supérieur à celui qu’elles considèrent comme
idéal, notre culture ayant tendance à considérer les corps
les plus minces comme étant les plus désirables. Il existe des
gens de différentes corpulences, comme il existe des gens de différentes
tailles. De nos jours, alors que personne ne pense qu’il est mauvais d’être
grand ou petit, beaucoup de gens se sentent mal par le simple fait d’avoir un
poids supérieur à la moyenne (ou même d’avoir un poids moyen 
!).

En pratique, adopter l’attitude Body Positive signifie qu’on

ne se concentre
plus sur son poids, mais plutôt sur les décisions que l’on prend
tous les jours quant à la façon de se prendre
en charge
et de répondre à ses besoins.>

Le contexte

Le point de vue exposé ci-dessous est le résultat de mes différentes
expériences en tant que professeur de fitness et psychologue. Pendant
plusieurs années, j’ai animé une classe intitulée :
« Dansons – Réservée aux femmes de plus de 90 kilos »
(citée également dans le livre Great Shape, que j’ai
co-écrit avec Pat Lyons). À la même époque, je menais
un programme en milieu hospitalier pour les femmes ayant des troubles du comportement
alimentaire. Je travaillais avec des femmes en surpoids en très bonne
santé
dans mes cours de danse et avec des femmes minces en très
mauvaise santé
à l’hôpital ! À ce moment
là, il m’est clairement apparu qu’être en bonne santé n’était
pas automatiquement lié au fait d’être mince et qu’il était
impossible de dire, juste en regardant le corps de quelqu’un, quel était
le rapport de cette personne avec la nourriture (ou si cette personne était
ou n’était pas en bonne santé). Et je me suis rendue compte que
je ne pouvais pas demander à une femme en surpoids d’adopter un mode
de vie basé sur les régimes, alors que c’était ce concept
même qui était en partie à l’origine des troubles alimentaires
rencontrés chez mes patientes.

De plus, au fil des ans, l’inefficacité des régimes devenait
de plus en plus évidente. Il était impossible de prouver que la
perte de poids induite par un régime se maintenait pendant plus de deux
ou trois ans. Il était impossible de prouver une différence entre
l’alimentation des personnes en surpoids et celle des personnes minces. Au contraire,
des études montraient que chaque corps utilisait l’énergie de
manière différente et que la génétique jouait un
rôle conséquent dans ce processus.

Le dilemme

À un certain moment de leur vie, les femmes en surpoids sont confrontées
au dilemme suivant : faut-il essayer de perdre du poids ? J’ai commencé
à m’intéresser à ce problème après avoir
entendu les expériences vécues par les femmes en surpoids que
je côtoyais et parce que la plupart des études menées montraient
que la perte de poids ne durait pas dans le temps. Je voulais savoir dans quelle
mesure ce sentiment d’ « échec » vécu après
chaque tentative de perte de poids affectait l’estime de soi et le sentiment
de contrôle de soi que pouvaient avoir ces femmes. Je voulais également
savoir comment certaines d’entre elles réussissaient à conserver
une estime de soi et ce, en dépit d’une hostilité culturelle envers
les personnes obèses. Ce sont là des points qui me paraissaient
importants tant pour n’importe quel membre d’un groupe stigmatisé que
pour les femmes de diverses corpulences qui vivaient dans la peur de voir leur
vie anéantie par leur poids. Cette étude
a permis d’éclaircir certains de ces points.

Après avoir travaillé pendant des années avec des gens
de tout poids, il m’est apparu comme une évidence qu’il était
impossible de choisir soi-même son poids idéal et qu’il n’était
pas concevable de chambouler toute une vie afin d’atteindre cet idéal.
Ce genre de comportement relève du trouble du comportement alimentaire
chez une personne mince ou de corpulence moyenne. De ce fait, on ne peut pas
prescrire ce genre de traitement à une personne obèse.

La guérison

Certains facteurs sont très probablement liés à votre
héritage génétique, qui représente une plage de
valeurs à laquelle votre corps essaie de « se conformer ». Vous
pouvez être en « sous poids » selon les barèmes
de taille et de poids en vigueur tout en étant en « surpoids 
» selon votre barème génétique. Vous pouvez
être en « surpoids » selon les barèmes de
taille et de poids en vigueur tout en étant en « sous poids »
selon votre barème génétique. Comment trouver
son poids idéal si les barèmes en vigueur ne sont pas adaptés 
? Votre poids idéal est le poids auquel votre corps se stabilise lorsque
vous ne vous focalisez pas sur le contrôle de votre alimentation et sur
la pratique d’un exercice physique. On ne peut pas ne pas être conscient(e)
du mode de vie que l’on mène. On ne peut donc pas atteindre son poids
idéal (un poids sain) lorsque l’on a un mode vie malsain.

Que vous soyez maigre, mince ou obèse, si vous êtes en conflit
avec la nourriture et avec votre poids, le processus de guérison est
pratiquement le même. Il faut que vous appreniez à ne plus vous
focaliser sur votre poids et à entretenir une certaine neutralité
envers lui. Il faut travailler en accord avec votre corps, faites-en un partenaire
(vous y prendrez du plaisir). Il faut que vous appreniez à bien vous
occuper de vous-même, à être à l’écoute de
vos besoins et de vos désirs (vous y prendrez du plaisir). Il faut renforcer

votre « système immunitaire
émotionnel
 » afin de pouvoir faire face aux messages négatifs
que la société émet sur la féminité, l’obésité
et l’échec, et aussi afin de changer la société (vous y
prendrez du plaisir également).

Je vous souhaite de trouver le plaisir,

© 2005 – Traduction française : Vivelesrondes.com – Élodie GuitteaudElodieG

© 2001 – Article original : Debby Burgard, Ph.D. (« A BodyPositive Approach », www.bodypositive.com)


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