L’apnée du sommeil provoque-t-elle des troubles de la mémoire ?

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil, aussi appelée syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), peut être définie comme étant un trouble de la ventilation nocturne. Le syndrome d’apnée du sommeil se caractérise par des pauses respiratoires de 10 à 30 secondes, voire plus, intervenant une dizaine de fois par heure. L’apnée du sommeil est causée par des épisodes répétés d’obstruction des conduits respiratoires se trouvant à l’arrière de la gorge.

Ces pauses respiratoires, qu’il s’agisse de diminution ou d’arrêt total de la respiration, provoquent notamment des micros réveils lorsque le cerveau ordonne la reprise de la respiration. En effet, lorsqu’un manque en oxygène est détecté, le cerveau réagit et pousse la personne à se réveiller pour qu’elle reprenne sa respiration. Ces éveils, de courte durée et qui ne sont pas forcément ressentis consciemment par le dormeur, constituent des micros éveils perturbant grandement la qualité du sommeil.

Le syndrome d’apnée du sommeil, qu’il s’agisse d’une apnée obstructive ou neurologique, est souvent associé à un ronflement nocturne et une somnolence diurne, lesquels sont causés par un sommeil fortement perturbé.

En France, près de 5 % des personnes sont atteintes d’apnée du sommeil. L’importance de cette pathologie se mesure au nombre d’apnées ou hypopnées comptabilisées par heure de sommeil (IAH ou indice d’apnées/hypopnées). Entre 5 et 15, l’apnée du sommeil est considérée comme légère. Entre 16 et 30, elle est d’intensité modérée. Enfin, si l’indice est supérieur à 30, il s’agit alors d’une apnée du sommeil sévère.

Les conséquences de l’apnée du sommeil sur la santé

Le syndrome de l’apnée du sommeil retentit fortement sur la qualité de vie des patients et ses activités quotidiennes. Outre les maladies chroniques pouvant se développer à cause d’une baisse du système immunitaire en raison d’un mauvais sommeil, la personne présentant des apnées du sommeil souffre d’une intense somnolence diurne et d’endormissements incontrôlables. Au réveil, il n’est pas rare qu’elle souffre de céphalées avec forte pression dans la tête et d’une sensation de bouche sèche. Elle peut aussi présenter des troubles de l’humeur et une baisse de la vigilance. Elle a également des difficultés à se concentrer et des troubles de la mémoire.

Pourquoi l’apnée du sommeil entraîne-t-elle des troubles de la mémoire ?

Souffrir d’apnée du sommeil entraîne un réel risque pour la mémoire et le cerveau en général. En effet, chez les personnes souffrant de troubles respiratoires du sommeil, une déficience cognitive légère est de fait diagnostiquée plus précocement que chez celles ne présentant pas de troubles respiratoires nocturnes.

Nous le savons depuis longtemps, le sommeil est particulièrement important pour le fonctionnement de notre cerveau. Une récente étude parue dans le journal “Neurology” démontre ainsi que les patients souffrant de troubles respiratoires du sommeil (apnée) ont tendance à développer une perte de la mémoire, ainsi qu’un déclin cognitif plus précocement que la moyenne.

L’apnée du sommeil, un risque réel pour le cerveau et la mémoire

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés aux antécédents médicaux de près de 2 500 individus, âgés de 55 à 90 ans. Ces derniers ont été classés en trois catégories : ceux présentant une fonction cérébrale dite normale, ceux souffrant d’une déficience cognitive légère et enfin, les personnes présentant des symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer. Les scientifiques se sont ensuite concentrés sur l’âge auquel les premiers troubles cognitifs se sont manifestés. Les résultats ont démontré que les personnes souffrant d’apnée du sommeil sont largement diagnostiquées comme présentant une légère déficience cognitive depuis près de 10 ans, contrairement à celles ne souffrant pas de cette pathologie nocturne. Ces résultats, qui démontrent bien une association de l’apnée du sommeil et des troubles de la mémoire, viennent s’ajouter à des preuves déjà existantes entre la qualité du sommeil et son impact sur la santé du cerveau.

Il est donc particulièrement important, si vous pensez souffrir d’apnée du sommeil ou que vous présentez plusieurs symptômes évocateurs de cette maladie, d’en parler à votre médecin. Si ce dernier suspecte bien une apnée du sommeil, alors il vous faudra réaliser des tests pour établir le diagnostic avec certitude.

Pour les personnes souffrant d’apnée du sommeil, le port d’un masque insufflant de l’oxygène par le nez et la bouche permet d’aider à garder les voies respiratoires ouvertes durant la nuit. Perdre des kilos, même de manière minime, peut également aider les individus souffrant du syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS), le surpoids contribuant aux problèmes respiratoires.

Le traitement du déclin cognitif dû à l’apnée du sommeil

Bonne nouvelle : les auteurs de cette même étude ont également constaté que les patients dont les troubles du sommeil ont été traités ont pu contrecarrer leur déclin cognitif. « L’âge de l’apparition du déclin cognitif léger chez les personnes dont les problèmes respiratoires ont été traités était presque identique à celui des personnes qui n’avaient pas de problèmes respiratoires du tout », souligne ainsi le Dr Ricardo Osorio.

L’étude menée précise également que le fait de traiter les troubles respiratoires du sommeil chez les personnes âgées souffrant d’apnée du sommeil, permet de prévenir ou retarder le déclin cognitif sur une période d’au moins trois ans.

Il est donc particulièrement important pour le patient atteint de troubles du sommeil, tels que l’apnée du sommeil, d’en évaluer le niveau pour trouver une solution à cette détresse respiratoire et ses conséquences. Rappelons également qu’outre une intense fatigue et des troubles de la mémoire, les conséquences de ce symptôme, durant la journée, peuvent être également d’ordre psychiatrique. En effet, l’apnée du sommeil peut, à terme, causer une dépression. D’autres problèmes de santé importants peuvent se déclarer, comme une hypertension et un trouble cardiaque.


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