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Mon homme va être au chômage : (

3431
Bonjour,

Je suis très inquiète car mon homme qui travaille en CDI comme manutentionnaire depuis presque 4 ans a été récemment convoqué dans le bureau de son directeur. Ce dernier lui  
a rapporté que son chef d'équipe s'était plaint qu'il n'était pas motivé dans son travail.
En effet, mon compagnon n'aime pas son travail, n'apprécie pas la plupart de ses collègues car il y a une mauvaise ambiance, il a aussi des problèmes de santé (dos, articulations) liés à son travail, il est payé au SMIC et n'a jamais eu d'augmentations.
Je précise tout de même qu'il est assidu à son travail, qu'il n'a quasiment jamais été en arrêt maladie depuis qu'il bosse dans cette boite, qu'il fait son travail correctement même s'il n'est pas motivé.
Son directeur lui a proposé de démissionner en échange de quoi il ferait en sorte qu'il puisse tout de même percevoir les allocations chômage et peut-être une indemnité.
Personnellement je trouve ça louche qu'il lui demande de démissionner alors qu'en le licenciant ça lui reviendrait au même, s'il compte vraiment faire en sorte que mon homme puisse avoir droit au chômage. J'ai l'impression qu'il veut le piéger. Je pense qu'il en serait bien capable car lorsque mon homme a été embauché suite à ses missions d'intérim pour cette entreprise, ils lui ont dit que son salaire serait augmenté. En fait quand il a signé le contrat, il s'est rendu compte qu'il n'en n'était rien.

Vous en pensez quoi ? s'il démissionne, mon compagnon aura-t-il droit au chômage ?

Je suis vraiment inquiète car s'il perd son travail, ça va être difficile financièrement pour nous. En plus, j'ai peur que mon homme ait du mal à trouver un emploi stable. Ce n'est pas qu'il soit du genre à rester glander devant la télé à attendre que ça lui tombe tout cuit dans le bec mais le soucis c'est qu'il manque de confiance en lui et qu'il se dévalorise.
Bref ! ça risque d'être difficile pour lui de retrouver un travail stable qui lui convienne.

Merci d'avance de votre aide.
41 ans 04 5576
Bonjour,

Ton homme ne doit pas démissionner. Une démission le laisserait seul responsable aux yeux de tous de la décision de la fin de son contrat, or, ce n'est pas sa décision.

Je pense que son chef veut qu'il démissionne car il n'a pas de raison de le licencier sans forte compensation. Il n'est pas facile de licencier quelqu'un...

Prenez conseil soit auprès du syndicat ou des représentants du personnel dans son entreprise, soit aurpès de l'inspcetion du travail dont dépend son entreprise. Et n'hésitez pas à faire savoir à son chef que vous entreprenez ces démarches.
A
36 ans Nice 21965
Toad a écrit:
Bonjour,

Ton homme ne doit pas démissionner. Une démission le laisserait seul responsable aux yeux de tous de la décision de la fin de son contrat, or, ce n'est pas sa décision.

Je pense que son chef veut qu'il démissionne car il n'a pas de raison de le licencier sans forte compensation. Il n'est pas facile de licencier quelqu'un...

Prenez conseil soit auprès du syndicat ou des représentants du personnel dans son entreprise, soit aurpès de l'inspcetion du travail dont dépend son entreprise. Et n'hésitez pas à faire savoir à son chef que vous entreprenez ces démarches.


exact, surtout pas la demission car ton homme n'aura pas droit au assedic avant 4 mois (et encore), si ils sont ok tous les deux faut faire une rupture de contrat à l'amiable, comme ca lui il a droit au chomage, son patron lui verse une indemnité
3431
Athy a écrit:
Toad a écrit:
Bonjour,

Ton homme ne doit pas démissionner. Une démission le laisserait seul responsable aux yeux de tous de la décision de la fin de son contrat, or, ce n'est pas sa décision.

Je pense que son chef veut qu'il démissionne car il n'a pas de raison de le licencier sans forte compensation. Il n'est pas facile de licencier quelqu'un...

Prenez conseil soit auprès du syndicat ou des représentants du personnel dans son entreprise, soit aurpès de l'inspcetion du travail dont dépend son entreprise. Et n'hésitez pas à faire savoir à son chef que vous entreprenez ces démarches.


exact, surtout pas la demission car ton homme n'aura pas droit au assedic avant 4 mois (et encore), si ils sont ok tous les deux faut faire une rupture de contrat à l'amiable, comme ca lui il a droit au chomage, son patron lui verse une indemnité

C'est bien ce que je pensais :?
Pour la rupture de contrat à l'amiable, ça pourrait être une solution. Zhom a envie de partir mais moi je lui dit d'attendre de se faire virer (de toute façon, ça finira bien par arriver) pour pouvoir avoir droit au chomâge et à une indemnité.
A
36 ans Nice 21965
si ils ont pas de vraies preuves pour le licencier, ils le feront pas car c'est quand meme super encadré, ils risquent surtout de lui mettre la pression pour qu'il demissionne
34 ans Liège - Belgique 1516
Peut-être devrait-il entreprendre sérieusement une recherche d'emploi. Envoyer des CV partout, démarcher les entreprises.

Et ensuite, démissionner s'il trouve.

Mais ne surtout pas "compter" sur le chômage...

Bon courage à vous en tout cas!
3431
Toad a écrit:
Prenez conseil soit auprès du syndicat ou des représentants du personnel dans son entreprise, soit aurpès de l'inspcetion du travail dont dépend son entreprise. Et n'hésitez pas à faire savoir à son chef que vous entreprenez ces démarches.

Malheureusement, le syndicat est inexistant dans sa boite. Explications : il paraît qu'il n'y aurait qu'un seul type syndiqué (c'est possible ?) et qu'il ne fait rien pour aider les salariés (à se demander à quoi il sert !).
Concernant l'inspection du travail, je ne sais pas si c'est comme ça partout mais l'inspection du travail à Nantes, quand j'ai eu besoin de les contacter par téléphone je n'ai JAMAIS réussi à les avoir. Je me suis donc déplacée et je suis tombée sur un type pas du tout motivé pour m'aider et me renseigner alors que j'intervenais au nom de plusieurs de mes collègues dans une boite où je travaillais avant.
2812
Surtout, surtout qu'il ne démissionne pas. Vous vous retrouverez sans rentrée d'argent.

Tout licenciement, mais la rupture conventionnelle, oblige l'employeur a versé une prime. D'où la volonté de l'employeur que ton mari démissionne.

Je suis d'accord avec Noaptea pour qu'il envisage de chercher ailleurs même si, en ce moment, c'est difficile.

Courage. Si ton mari subit trop de pression, il peut envisager de se tourner vers la médecine du travail pour se soulager un peu.
2812
Calista09 a écrit:
Surtout, surtout qu'il ne démissionne pas. Vous vous retrouverez sans rentrée d'argent.

Tout licenciement, même la rupture conventionnelle, oblige l'employeur a versé une prime. D'où la volonté de l'employeur que ton mari démissionne.

Je suis d'accord avec Noaptea pour qu'il envisage de chercher ailleurs même si, en ce moment, c'est difficile.

Courage. Si ton mari subit trop de pression, il peut envisager de se tourner vers la médecine du travail pour se soulager un peu.
41 ans 04 5576
ah un autre truc : pour obliger son patron à rester dans la légalité, il faut que systématiquement, après chaque conversation, ton homme fasse un courrier avec Accusé de reception à son chef, retraçant ce qui s'est dit et ce qu'il a compris, et exigeant des réponses aux questions et des précisisons en cas de doute.

Ca coute assez cher, puisque ce sont des A/R mais généralement ça oblige le patron à faire bien gaffe à ne pas s'écarter du droit chemin...

et +1 avec Noaptea. Il faut qu'il cherche tout de suite du travail ailleurs, dans un domaine qui lui plait..
41 ans 04 5576
leela_turanga a écrit:
Toad a écrit:
Prenez conseil soit auprès du syndicat ou des représentants du personnel dans son entreprise, soit aurpès de l'inspcetion du travail dont dépend son entreprise. Et n'hésitez pas à faire savoir à son chef que vous entreprenez ces démarches.

Malheureusement, le syndicat est inexistant dans sa boite. Explications : il paraît qu'il n'y aurait qu'un seul type syndiqué (c'est possible ?) et qu'il ne fait rien pour aider les salariés (à se demander à quoi il sert !).
Concernant l'inspection du travail, je ne sais pas si c'est comme ça partout mais l'inspection du travail à Nantes, quand j'ai eu besoin de les contacter par téléphone je n'ai JAMAIS réussi à les avoir. Je me suis donc déplacée et je suis tombée sur un type pas du tout motivé pour m'aider et me renseigner alors que j'intervenais au nom de plusieurs de mes collègues dans une boite où je travaillais avant.


Le syndicalisme est sur la base du volontariat et crois moi ça use.
La boite de ton mari doit être une très petite boite pour ne pas avoir de représentant du personnel, non ? si c'est le cas faites d'autant plus attention, le patron peut très bien ne pas vouloir/savoir appliquer les lois.
Pour l'inspection du travail, c'est étrange, chaque fois que j'ai eu affaire à eux ils étaient réactifs et de très bons conseils. Peut être essayer de trouver un conseil aux prudhommes ? ça me parait avancé comme démarche mais peut être un rendez vous avec un avocat conseil serait possible, pour expliquer la situation et savoir exactement où vous allez et à quoi vous avez droit.
3431
Toad a écrit:
ah un autre truc : pour obliger son patron à rester dans la légalité, il faut que systématiquement, après chaque conversation, ton homme fasse un courrier avec Accusé de reception à son chef, retraçant ce qui s'est dit et ce qu'il a compris, et exigeant des réponses aux questions et des précisisons en cas de doute.

Ca coute assez cher, puisque ce sont des A/R mais généralement ça oblige le patron à faire bien gaffe à ne pas s'écarter du droit chemin...

Ne faut-il pas aussi qu'un représentant assiste aux entretiens ? Il me semble que c'est la procédure lors d'un licenciement sinon celui-ci n'est pas légal ?

Toad a écrit:
et +1 avec Noaptea. Il faut qu'il cherche tout de suite du travail ailleurs, dans un domaine qui lui plait..

Il a peut-être le projet de faire une formation dans la serrurerie car il pense que ce sera mieux payé et moins contraignant physiquement. Mais ce n'est qu'au stade de l'idée. Il va falloir qu'il se renseigne auprès de l'anpe pour savoir où il peut faire cette formation, sa durée, combien il perçevra durant celle-ci, etc...
34 ans Liège - Belgique 1516
Il faut qu'il se renseigne et ai des pistes solides. A l'heure actuelle il faut être prudent, car les employeurs sont prudents...

Ne pas aimer son travail, c'est une chose. Mais s'il parvient à bien le faire quand même, qu'il s'accroche le plus possible, tout en n'hésitant pas à faire le maximum pour trouver un autre job ou une formation alternée (cours du soir, à domicile, ...)

Le fait de parvenir à conserver son emploi tout en acquierant une expérience professionnelle supplémentaire est un argument de choix pour le futur employeur.

Réfléchissez-y bien avant de prendre une décision. Pesez tous les avantages.

(Pour tout ce qui est formalités, institutions, etc. je ne me mouille pas, le système français est trop différent du belge ;) )
3431
Toad a écrit:

Le syndicalisme est sur la base du volontariat et crois moi ça use.
La boite de ton mari doit être une très petite boite pour ne pas avoir de représentant du personnel, non ? si c'est le cas faites d'autant plus attention, le patron peut très bien ne pas vouloir/savoir appliquer les lois.

Oui sa boîte est petite, il n'y a d'ailleurs pas non plus de CE vu qu'il n'y a pas suffisamment de salariés pour en créer un.
41 ans 04 5576
leela_turanga a écrit:

Ne faut-il pas aussi qu'un représentant assiste aux entretiens ? Il me semble que c'est la procédure lors d'un licenciement sinon celui-ci n'est pas légal ?


non c'est un droit pas une obligation. D'ailleurs sa boite ne possède pas de représentants du personnel, comme tu l'as dit. Mais ton homme peut se faire assister. D'ailleurs s'il n'y a pas de DP, c'est l'entreprise de ton homme qui doit lui donner la liste des services auprès de qui il peut obtenir une aide. Cette liste doit être transmise en même temps qu'une lettre de convocation à un entretien préalable au licenciement. Celui qu'il a eu avec ton homme n'est pas légal car pas officiel s'il n'y a pas eu de convocation écrite envoyée par lettre A/R.

Ton homme n'est pas obligé de se rendre à cet entretien mais il est préférable d'y aller. Cet entretien a pour but pour l'employeur d'exposer ses griefs et pour l'employé de se défendre, pour les deux de décider ensemble de la marche à suivre.

La lettre de licenciement peut être envoyée, mais seulement deux jours ouvrables après la date de cette entretien, le jour de l'enretien ne comptant pas. Elle doit être en A/R et préciser le motif du licenciement. Le contrat de travail est rompu au jour d'envoi de la lettre (bien le noter pour le préavis)

Les motifs de licenciement peuvent être :

- disciplinaires : pour faute donc. Il semble que ce ne soit pas le cas de ton homme mais je t'indique quand même la procédure au cas où son patron chercherait la petie bête :
- le fait reproché doit avoir été porté à la connaissance de l'employeur moins de deux mois avant le début de la procédure. On ne peut par exemple pas reprocher à ton mari un truc qui s'est passé il y a deux ans si la boite en avait connaissance. Ensuite ça se passe comme un licenciement normal (convocation, entretien etc etc).

- pour motif personnel : peu d'employeurs s'engagent dans ces démarches car elles sont lourdes et sujettes à caution. Il doit y avoir des preuves matérielles de la faute reprochée, et celle ci doit être objective : on ne peut par exemple licencier quelqu'un en se basant sur de mauvais rapports professionnels, c'est trop subjectif. Cela passe devant un juge des prudhommes qui jugera selon les preuves apportées par l'employeur et l'employé. En cas de doute, l'employé est favorisé. Qui plus est, le reproche fait au salarié doit n'être imputable qu'à lui seul. Par exemple, on ne peut reprocher à quelqu'un son manque de résultats si le marché sur lequel il travaille a baissé.

- pour licenciement economique : là cela doit être très justifié. Je doute que son patron passe par cette case.



Pour le licenciement abusif : si ton homme conteste les motifs de renvoi il peut engager une procédure de licenciement abusif. Le jugement sera basé sur les motifs de licenciement donné par l'employeur dans la lettre de licenciement. S'il n'y en a pas, ou s'ils ne sont pas précis, le licenciement est de fait déclaré abusif.

Qui plus est, si un procès s'engage, l'employeur ne pourra pas invoquer d'autres motifs que ceux indiqués dans cette lettre pour se défendre. Par contre, l'employé lui peut invoquer d'autres raisons et justifier qu'il a été licencié pour celles ci et non pour celles déclarées par l'employeur.

Un licenciement abusif donne droit à des indemnités très lourdes.

Pour la rupture amiable maintenant : Elle est totalement négociable entre ton homme et son employeur.
Tous les termes de la rupture doivent être écrits : la date de la rupture effective (qui doit être postérieure à la date d'homologation de la convention de rupture par l'inspection du travail) et le montant de l'indemnité. Celle ci ne peut être inférieure à l'indémnité de licenciement que recevrait ton homme en pareil cas.



voilà...
B I U