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Hyperphagie anesthésiante...

V
35 ans 48
Bonsoir,

J'avais écrit paralysante mais c'était un peu fort...
Je suis hyperphage. Chaque crise me plombe le cerveau, l'estomac et la confiance pour plusieurs heures, voire plusieurs jours, car en général je  
les enchaîne.

J'en ai marre.
Les rares moments de répit que je vis me font très plaisir, pourquoi est-ce que je n'arrive pas à les faire durer ?
Pourquoi je replonge alors que je sais ce qui va arriver après ?

Ce soir je m'en veux.
Je veux me battre, mais c'est si dur !
Pourquoi suis-je ainsi devenue ? Rien n'est plus naturel nulle part pour moi, ça me fait peur !

Bon c'était juste pour le dire à quelqu'un qui me comprendra un peu. Mais je sais bien que c'est pas le plus utile...

C'est reparti.

Pour vous aussi c'est une lutte de guérir de ça ?
1289
J'ai beaucoup aimé le titre du sujet, car effectivement mes crises d'hyperphagie ont cet effet sur moi : je ne suis plus rien, je ne sens plus rien, je ne fais plus rien.
Ce qui bien sûr provoque une nouvelle crise au "réveil" parce que je culpabilise de n'avoir encore rien fait.

Malheureusement je peux pas t'aider, j'ai pas encore trouvé le moyen de controler ces crises.
107 ans 3096
Toutes dans le même bateau :(
V
35 ans 48
Merci, c'est pas grave.
Beaucoup ici m'ont déjà conseillé de ne plus culpabiliser.
C'est vrai que ça aide grandement.
Mais des fois, le je ne sais quoi me tire hors de la réalité et rien ne va plus.

Je dois lutter pour être présente, être concentrée, être là.
Et c'est usant !
Mais sans cette lutte, je suis perdue.

Bref... je lutte, je ne sais pas exactement contre quoi.
1289
Le seul truc qui a jamais marché pour moi pour "controler" mon hyperphagie, et c'était même pas fait exprès, c'était d'êre tellement crevée en rentrant chez moi le soir, que l'idée même de bouffer me fatiguait.
Mon ancien boulot était parfait à ce niveau là car extremement physique, et le seul jour de repos que j'avais c'était le lundi (ici tout est fermé le lundi) donc même si j'avais voulu faire des crises de bouffe, fallait encore pouvoir en trouver!!

Evidemment dès que j'ai arrêté ce taf, l'hyperphagie est revenue à grand pas, +15 kg depuis Juin.
109 ans 2475
J'ai fait des grosses crises d'hyperphagie après ma rupture l'année dernière... Et bonjour la prise de poids !!! :shock:

Parler d'hyperphagie anesthésiante, finalement, c'est un excellent terme. Je me souviens que c'est exactement l'effet que ça me produisait. En me remplissant, j'endormais mes pensées négatives, ma tristesse... et le manque de l'autre...

Je sais pas si il existe une solution miracle, en faite je n'y crois pas vraiment. J'ai fini par régler ces crises, mais pas complètement. Elle se sont fortement espacés, sans que je cherche à les "guérir".
S
85 ans 4896
Et oui, le titre me parle énormément également, pendant des années cela a été comme une drogue qui m'anesthésiait.

Je ne peux pas dire que j'en suis sortie mais mes crises n'atteignent de loin plus l'intensité qu'elles avaient avant. Je dirais même maintenant que ce n'est plus des crises dans le sens ou je ne lutte pas, si j'ai envie d'un aliment réconfort je le prend consciemment en me disant cet aliment va me faire du bien. J'en ai besoin donc je me l'offre sans culpabilité et je le mange le plus lentement possible (j'arrive pas encore très très lentement, mais avant j'engouffrais à une vitesse) et je déguste, j'essaie de ressentir ce moment comme un plaisir intense sans culpabilité et je dois dire que je m'arrête au bout d'un moment et du coup maintenant mon poids est stable.

Tu peux lire un peu plus de mon témoignage dans le post lancé par Thesunisyellow dans la section chirurgie : TCA et chirurgie si tu es intéressée.

Sache en tout cas que tu n'es pas seule (je ne sais si cela peut te consoler)

:kiss:
52 ans Out of Africa... 4355
Vayavaya a écrit:
Mais des fois, le je ne sais quoi me tire hors de la réalité et rien ne va plus.

Je dois lutter pour être présente, être concentrée, être là.

je lutte, je ne sais pas exactement contre quoi.


C'est peut être là qu'il te faut aller voir.

Tu as un suivi psy pour t'accompagner?
S
85 ans 4896
Alors personnellement j'ai fait un grand travail psy et j'ai découvert plein de raisons pour m'anesthésier et j'ai réussi à régler pas mal de choses d'ou la diminution des crises également, mais il m'en reste une la dernière que je n'arrive pas à régler. Quand je mange j'oublie que je vais mourir et cela me permet d'oublier cette angoisse et cette douleur qui m'étreint chaque fois que je pense que je vais irrémédiablement devoir quitter les gens que j'aime.

Je ne suis pas croyante, donc je n'arrive pas me convaincre qu'il y a un mieux ailleurs et qu'on va tous se retrouver dans un monde meilleur, la seule chose que je vois c'est que je vais devoir mourir et pour moi la mort c'est la fin. Je n'arrive pas à ne pas y penser car j'ai trop peur d'être prise par surprise. Enfin bref, je ne vais pas m'étaler trop longtemps car sujet trop douloureux. Je réattaque un travail avec une nouvelle psy la semaine prochaine on verra.
M
35 ans 3802
oui ça endort littéralement, pour ma part je suis dans un état second et je ne reviens à moi qu'avec la douleur de l'estomac distendu à l'extrême...

l'horreur physique me ramène à ma condition de dépendante à ces crises, la non gestion de mes émotions etc.

cette connasse en moi qui détruit toujours tout, je lui ferais bien la peau... et laisser celle qui veut juste être bien tranquille
52 ans Out of Africa... 4355
princessezelda a écrit:
Je réattaque un travail avec une nouvelle psy la semaine prochaine on verra.


Bon courage :kiss:
V
35 ans 48
Oui bonjour merci...
Je ne sais pas trop quoi ajouter à toutes vos réponses.
En effet, on n'est pas seules. C'est aussi pour ça que j'ai pu écrire ça, ici. C'est au moins quelque chose que certains comprennent.
Je ne vois plus de psy.
J'ai dans l'idée que les choses se feront si je me bats encore plus fort contre un sentiment, non, une force intérieure qui me tire vers le bas, m'empêche de m'élever (par principe, si elle me tire vers le bas).
Ca me demande vraiment beaucoup de force et je n'en trouve pas assez.
En fait, si le titre me parlait il y a quelques temps, car en effet, j'avais ce besoin d'anesthésie, aujourd'hui, j'ai plutôt l'impression que la nourriture, en m'anesthésiant, joue pour me retenir de faire les choses. Je sais bien que c'est moi qui m'inflige ça et qu'en un sens, c'est moi qui m'empêche de faire ce que je veux, mais zut, je lutte pour lâcher les freins. Mais le moyen de les lâcher est plutôt de se concentrer sur la route pour manoeuvrer au mieux sans abîmer le véhicule !
Je ne sais pas si cette métaphore est compréhensible mais en tout cas... dur dur.
Et puis je crois aussi qu'il y a plusieurs aspects. Etant célibataire, la nourriture comble aussi clairement un manque d'affection.
S
85 ans 4896
Merci caline :kiss: .

Vayavaya, je pense que cela n'est pas facile d'arrêter même si on trouve les raisons car je compare cette manière de manger à une drogue. C'est à dire que même si je savais que ce n'était pas bon pour moi, j'avais trouvé pas mal de raisons qui me poussait dans les crises, je ne pouvais m'empêcher de replonger et de reculpabiliser et du coup cela influençait et entretenait la mauvaise estime que j'avais de moi et ces schémas me poussaient à manger et ainsi de suite. On devient dépendant et comme toutes les dépendances c'est très difficile de s'en sortir.

Je dois dire que maintenant que j'ai enlevé la culpabilité et retrouvé le plaisir de manger cela m'aide. Par contre pour réussir à trouver cet équilibre dans ma tête j'ai du "enlever" l'idée de maigrir, en tout cas dans un premier temps. J'ai découvert avec surprise que je suis un peu attachée à ma graisse. J'associe la maigreur à la maladie (et à la mort donc). Je n'aime pas voir les os. Mais je parle vraiment de mon cas personnel et je ne veux en aucun cas généraliser. Il y a toujours une envie de maigrir un peu pour pouvoir avoir une meilleure mobilité et trouver des habits plus facilement et de quitter l'obésité morbide m'aiderait à mieux gérer mon angoisse de "mort imminente".

Vayavay, je ne peux que t'apporter mon soutien virtuel mais il est sincère.
V
35 ans 48
C'est drôlement gentil, merci beaucoup princessezelda.
Je dois dire que les conseils d'oubli de la culpabilité que l'on m'a déjà donnés ici m'ont aussi beaucoup aidés. Car c'est vrai que quand on le fait, ça enlève un poids au moins psychologique très important.
En somme, c'est dans les moments où les crises frappent à la porte que je dois lutter.
Bon...
En tout cas la route est longue, mais elle s'améliore ou du moins, j'en ressens moins les cahots quand je regarde le paysage (oui toujours les métaphores).

Merci pour tout.
52 ans Out of Africa... 4355
Vayavaya a écrit:
En somme, c'est dans les moments où les crises frappent à la porte que je dois lutter.
.
*

...Où y aller sans lutter et en t'autorisant à te regarder pour une fois avec compassion et tendresse ?

Celui qui nage à contre courant dans une rivière se fatigue plus que celui qui nage dans le sens du courant.
C'est un peu pareil ici : lutter contre soi même demande plus d'énergie que d'aller dans le sens de soi-même
Ces crises ont un sens, elles sont là aussi quelque part pour te protéger de quelque chose d'autre qui te fait terriblement peur

Ca demande donc un travail sur soi-même, plutôt long en général, pour comprendre de quoi on se protège et comment on peut faire autrement.

Donc à mon avis, mieux vaut le faire en se chouchoutant, en se bichonnant et en se choyant plutôt qu'en se culpabilisant et en se montrant dure avec soi-même


Pour moi aussi Princesse Zelda, la nourriture me faisait l'effet d'une drogue : pendant que je mangeais, je ne pensais plus à rien d'autre, l'angoisse s''éloignait et je mettais un peu de douceur dans ma vie pendant un bref instant, avant que la culpabilité ne prenne le relais.
Le premier pas a été d'accepter que cette manière de manger pouvait m'apporter du réconfort et m'apaiser, et ensuite de chercher comment trouver ce réfonfort autrement et ailleurs.
B I U


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