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Procès du médiator

38 ans très au sud 7750
Poirier maintenant il est de notoriété publique que le Mediator était un médicament pour soigner le diabète, à l'époque non et les médecins qui te le prescrivaient se gardaient bien  
de le dire!
Faut remettre les évènements dans le contexte de l'époque qui croyait encore au médicament miracle qui ferait maigrir (c'est encore palpable aujourd'hui mais c'est moindre qu'à l'époque). Il n'y avait pas les accès à l'info d'aujourd'hui.
Tu vas voir un médecin, il te fait une prescription et tu fais confiance!
Pour rappel le Mediator a eu du succès car il c'est imposé sur le marché des coupe faim après l'interdiction de ceux ci qui étaient en fait... des amphétamines! Les médecins qui là aussi en prescrivaient à tour de bras se sont rabattus sur le Mediator et voilà le résultat aujourd'hui.
Blamer les victimes franchement c'est la double peine. Victimes de grossophobie qui les mène à vouloir maigrir, à faire confiance à des médecins peu scrupuleux qui eux mêmes sont en lien avec des labos encore moins scrupuleux. Et en plus c'est de la faute des patients qui demandent à maigrir? Mais si notre société leur foutait la paix, s'ils subissaient moins de pression ils iraient bien mieux!
Et comble du cynisme c'est les même labo qui placardent des produits amincissants avec des mannequins retouchées et maigres, qui entretiennent la grossophobie pour mieux vendre leurs saletés... et personne pour les arrêter! Et on parle des mêmes labos qui financent les enquêtes sur les effets du surpoids et culpabilisent par ce biais un max les "gros"?!

Il faut quand même savoir que le Mediator a été interdit dans d'autres pays bien avant la France, parce que les effets étaient connus. Pourquoi la France a accepté de vendre ET DE REMBOURSER le Mediator malgré les informations effrayantes? C'est la vraie question (et je doute fort que seul le labo a touché des sous)... d'autres pays européens ont été bien plus avisés.
Perso ça me rappelle l'affaire du sang contaminé. Les autorités savent que c'est dangereux, c'est refusé ailleurs mais en France on fonce et on ramasse et finance la "merte" dont les autres pays ne veulent pas...
74 ans 2422
Mille fois d'accord avec Reinette, il faut remettre les choses dans leur contexte et c'est bien normal d'avoir confiance en son médecin, même si je comprends ce que tu dis Poirier, quand on a un traitement au long cours (perso ça fait bientôt 23 ans que je n'ai pas passé une seule journée sans prendre de médicaments, et ça sera comme ça jusqu'à ma mort), on est un peu méfiant vis-à-vis des médicaments, notamment ceux que l'on peut considérer comme "accessoires". On a sans doute une culture du médicament un peu trop forte en France, côté médecins comme patients.
25680
Poirier a écrit:


Sa prescription en simili-vente libre et sans suivi était une faute des professionnels la prescrivant à tour de bras ; sans doute les patients **et non "clients", je rectifie** leur demandaient avec insistance, et ils n'ont fait que répondre à leur souhait, leur demande!!
Après tout, si le patient veut ci ou ça, il trouvera, après plusieurs refus, un médecin moins strict.


Un médecin ne devrait jamais cédé à la pression d'un patient ou d'un laboratoire.
Un médecin ne devrait jamais être moins strict, mais juste et protecteur de la santé de la personne.

Petit rappel sur le serment d'hyppocrate :

"“Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.
J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera.
Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés.
Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les moeurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission.
Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.”

Mais bon on c'est bien que dans la réalité ce n'est pas comme ça, que les gens écoutent les paroles des médecins comme si c'était des dieux et que nombreux sont ceux qui ne se remettent pas en question.
J'ai honte pour cette profession, même si il reste encore des gens formidables qui la pratiquent.
P
52 ans 3686
Reinette, les choses ne sont jamais si simples. Beaucoup de personnes sont prêtes à prendre des risques inconsidérés en toute connaissance de cause pour obtenir "facilement" des modifications corporelles. Là on parle du Médiator mais peut-être un jour y aura-t-il un procès contre tous ces fabricants de gélules miracle qu'on trouve dans les grands magasins de sport et les para-pharmacies. Pour moi certains patients ont une part de responsabilité dans ce qu'il leur arrive et ça ajouté bien-sûr à l'irresponsabilité de leurs médecins.
P
52 ans 3686
Anne a écrit:
Un médecin ne devrait jamais cédé à la pression d'un patient

Bien qu'ils soient remboursés, beaucoup de patients se considèrent comme des clients et se comportent avec leur médecin comme avec un commerçant. Ce qui est étonnant, c'est que les médecins, qui prétendent tous être surchargés de travail, sont autant à céder de peur de perdre quelques patients capricieux (je ne vois par pour quelle autre raison ils seraient aussi complaisants quand c'est le patient qui est à l'origine d'une demande particulière de traitement).
52 ans 2647
Ma femme me dit qu'à la fin des années 80 (elle avait 23ans?), son médecin lui avait prescrit du médiator... Au bout de 3-4 mois : aucun résultat, elle a arrêté.
En fait, elle ne l'avait pas spécifiquement demandé... Je crois que tout le monde n'avait aucune conscience du danger.

Perso, mon traitement "à vie", tu lis les "effets secondaires", ça te dissuade de continuer...
498
Poirier a écrit:
Ma femme me dit qu'à la fin des années 80 (elle avait 23ans?), son médecin lui avait prescrit du médiator... Au bout de 3-4 mois : aucun résultat, elle a arrêté.
En fait, elle ne l'avait pas spécifiquement demandé... Je crois que tout le monde n'avait aucune conscience du danger.

Perso, mon traitement "à vie", tu lis les "effets secondaires", ça te dissuade de continuer...
voila personne n'avait la conscience du danger
M
43 ans Ici et là... 2038
J'ai pris du médiator à une époque pour mon diabète, l'endocrino m'avait expliqué qu'en plus ça m'aiderait à perdre du poids. Je ne me souviens pas que j'ai particulièrement perdu grand chose mais avec mon hyperphagie ça n'est pas plus étonnant que ça.

Je ne comprenais pas bien cette histoire car j'entendais beaucoup parler d'effets secondaires très invalidants sur les personnes qui l'avaient pris hors autorisation de mise sur le marché, et je me demandais comment la molécule faisait la différence entre ceux qui le prenaient pour diabète et les autres...

Et puis lors de l'ouverture du procès j'ai vu le témoignage d'une victime, cardiaque, avec un pacemaker, qui en avait pris dans le cadre de son diabète. Du coup ça change un peu ma perception du procès : ce médicament était simplement mauvais à la base, le fait qu'on l'ait donné hors AMM a juste multiplié les victimes.

Je ne suis plus sûre du coup qu'il faille faire le procès des prescriptions hors AMM au lieu de faire le procès du médiator... Car en plus, certains médicaments donnés au départ hors AMM font l'objet d'études ultérieures qui démontrent que l'AMM doit être adaptée à ces nouvelles indications.

Dans tout ça, si quelqu'un arrive à montrer qui est le responsable, je lui tire mon chapeau parce qu'il y a trop de paramètres à prendre en compte pour moi...
B I U