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L'hyperphagie, un mécanisme de défense perverti.

41 ans 04 5576
La lecture de cette article il y a quelques jours m'a amenée à réflechir sur mon hyperphagie.

Depuis toujours, je vois mon hyperphagie comme  
un mal, un trouble et une souffrance. En réfléchissant à cette article, je me rend compte que l'aspect "alimentaire" de l'hyperphagie est le moindre des symptomes de ce mal, qu'il est presque du domaine de l'anecdote.

La plupart des hyperphages sont avant tout des hyperempathiques, qui s'effacent d'eux même pour ne vivre qu'au travers du regard, de la vie, des émotions des autres, de leur entourage.

Citation:
on a là une personne insécurisée, qui craint d’être envahie par le monde extérieur, tout en vouant sa vie à ce même monde extérieur, dépendante et inséparable de ce même univers.


Les hyperempathiques sont des personnes en souffrance, envahies et agressées par le monde, mais dépendantes de lui, n'existant plus en tant qu'individu ayant une personnalité propre. Le reflexe de dissociation se met en place, comme un reflexe de survie, et le shoot alimentaire survient...

Partant de là, je me dis que je diabolise la mauvaise chose : mon hyperphagie me protège, finalement, de ce qui peut être pourrait être un pétage de cables plus violent. C'est un reflexe de mon corps face à une maladie. Cela me fait un peu penser à une fièvre trop violente et peut être mortelle... alors qu'à la base la fièvre est un reflexe du système immunitaire pour sauver le corps d'une maladie ou d'une infection.

Mon disque dur est perverti :lol: : il a trouvé les armes qu'il pouvait pour se défendre d'une de ses propres anomalies - son incapacité à exister, à ne pas se fondre en les autres, à débloquer la situtation.

Bien sur, ces reflexions ne sont pas agréables, parce que l'hyperempathie me semble être un trouble beaucoup plus difficile à soigner. D'abord c'est un trouble confortable : on est malléable, on est ce que l'autre veut qu'on soit, on est donc souvent aimé. Si j'oublais la partie "annihilation de ma propre personnalité", je me dirais que pour rien au monde je ne voudrais guérir.

Seulement voilà, il y a cette partie "annihilation de soi". Le problème c'est que je crois que je suis tellement enfoncée dans le truc que je ne sais plus qui je suis. Comment le sait on d'ailleurs ?

Du plus lointain souvenir dans ma mémoire, j'ai l'impression d'avoir toutjours joué la comédie et dit ce qu'on attendait de moi. Je me demande même parfois si deux personnes aux caractères complétement opposés, ou dans un contexte différent, en parlant de moi en viendraient à la conclusion qu'ils parlent de la même personne. Je sais déjà que les deux me trouveraient sans doute "gentille". Mais si je prend deux exemples au hasard, que j'ai sous les yeux, l'un d'eux me définit comme une petite chieuse (c'est un mec qui adore les petites chieuses) et l'autre comme quelqu'un de calme, de réfléchie et de pondérée ( lui apprécie plus les personnes calmes).

Mais alors qui suis-je?

Comment puis je m'en sortir ?

Et vous, où en êtes vous de votre hyperphagie ? avez vous compris que ce n'était pas une maladie mais au contraire une défense peut etre salutaire à un problème plus profond ? comment êtes vous arrivées à cette idée ?
109 ans Bretagne 1920
J'ai compris très tôt que mon hyperphagie (au début, je ne connaissais même pas ce nom) était comme une soupape de sécurité, un truc qui m'empêchait de tomber dans des comportements plus violents.

Quand je faisais des régimes très restrictifs et que j'étais mince, que j'arrivais à "maîtriser" mon hyperphagie, je compensais par autre chose : cigarette, ou alcool :oops: , ou sexe :oops: :oops: . Avec le recul, je me dis que j'ai eu des comportements à risque (j'ai roulé complètement bourrée...). A choisir, je préfère les crises d'hyperphagie, je me sens moins en danger. Je ne sais pas si j'en guérirai un jour, et je ne sais même pas si j'en ai envie. La bouffe, c'est mon "doudou" à moi, quelque chose qui est toujours là même quand tout va mal dans ma vie, même quand je suis seule, même quand je crois qu'on ne m'aime plus. La nourriture, c'est comme un chien fidèle qui me colle aux baskets depuis 35 ans et je crois que j'aime cette dépendance car elle m'empêche de tomber dans d'autres excès.

Quand à l'impression de jouer la comédie, je l'ai toujours eu. mais je ne sais pas si c'est lié à mon hyperphagie. Je joue la comédie à mon chef quand je lui souris alors que je le trouve incompétent, je m'écrase dans certains conflits car une réaction de ma part pourrait entraîner une escalade de violence verbale etc. Si je ne jouais pas la comédie, je plaquerais tout : mon boulot, mon mec... je viderai mon compte et je partirai... Si je ne jouais pas la comédie, je crois que mes actes seraient très auto-destructeurs. Je ne peux pas me permettre de ne pas jouer la comédie.

Mais moi non plus, quelque part, je ne sais pas qui je suis...
V
58 ans seine et marne 137
poufff les filles en vous lisant je m'ouvre les yeux???

je comprend de plus en plus que mon hyperphagie ( moi non plus je ne connaissait pas le nom je me disait boulimique non vomisseuse ) me permet de ne pas passer à l'extrême.
elle me permet de décompression, de supporter, d'encaisser et surtout de continuer à vivre.
je serais trop capable de mettre moi aussi ma vie en danger, comme je l'ai déjà fait étant jeune et moins jeune ( drogue, alcool )

moi aussi le besoin d'être aimé des gens est important pour moi me sécurisé, mais me bouffe en même temps.
et comme ma vision de moi ne me plaît pas je ne sors plus je deviens de moins en moins sociable.
la bouffe me permet de vivre et de ne pas péter les plombs.
et pour être sincère avec moi même j'ai une double personnalité je suis en faite comme un caméléon je m'adapte à le personne face à moi même si je ne l'aime pas .
je peu être parfois tres faut cul :oops:
mais pour mon cas je voudrais vraiment me débarasser de cette hyperphagie.
je voudrais manger pour vivre et non vivre pour manger. :roll:
41 ans 417
je me retrouve tout à fait dans ce que vous dites... moi mon truc c'est l'argent, quand j'étais au régime, je dépensais... et quand je n'étais plus au régime, je culpabilisais et je dépensais...
c'est un peu la même chose et les 2 recouvrent des problèmes plus profonds que je n'ai pas creusé pour le moment...
mais sur l'hyperempathie j'avance... je suis militante politique et j'ai fini les présidentielles lessivées car j'ai du mal à dire non... maintenant j'essaie de faire différemment.. j'en fais toujours autant je pense mais que si ça m'apporte du plaisir et des satisfactions (un peu comme la nourriture en fait :D ) j'ai démissionné de certaines responsabilités qui me pesaient, je vais changer de lieu de militantisme parce que je sais que je ne pourrai plus me taire et que ça va exploser... c'est une attention de tous le jours pour consacrer son temps privé, hors boulot, à des choses qui me font du bien... mon médecin du gros m'encourage là-dessus : à la rentrée je vais faire du tai-chi, 2 soirs par semaine je ne penserai qu'à moi ! c'est énorme...
49 ans Sud ouest 356
Thetoad,
Encore merci pour tes liens et tes réflexion. C'est super le chemin que tu fais vers la compréhension de on TCA et merci de les partager. :kiss:

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu racontes, surtout dans le phénomène de dissociation. J'ai passé mon enfance dans cet état de dissociation pour fuir une réalité pas toujours rose. Après a devient une seconde nature et ça s'installe. Pas étonnant alors ce besoin de se remplir pour me lester, pour ne pas complètement partir dans une réalité plus douce.

Maintenant, j'en suis sortie après une galère qui m'a fait me réconcilier avec moi même. Mais les crises sont encore présentes. Pour m'aider face à ma nouvelle lucidité sur la vie ? Ce n'est pas tous les jours facile d'affronter la vie, de s'affronter avec lucidité !

Je me retrouve aussi dans l'hyperampathie, même si je me soigne. Des disciplines comme le yoga m'aident à me recentrer sur moi même. Et quand je sens que je donne trop d'énergie pour aitrui à mon détriment, j'essaye de me recentrer sur ce que je resent.
46 ans Epinal 264
Bonjour,

Bon Theotad, tu me fais halluciner tant on se ressemble! D'abord physiquement, on pourrait être soeurs (donc interdiction formelle de dénigrer ton apparence sous peine de me vexer mortellement ;) ).
Ensuite je me retrouve beaucoup dans ton discours. C'était moi avant. Au point que cette phrase de La Rochefoucauld me collait à la peau: "Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres qu'enfin nous nous déguisons à nous-mêmes."
Le syndrôme caméléon quoi.
L'hyperempathie, l'hyperphagie sont bien des systèmes de défense, oui, mais ça nous protège finallement contre la vie, la vraie, pas l'image angoissante qu'on s'en fait. Et c'est vrai que c'est compliqué d'y renoncer.
Je n'ai pas de recette miracle pour ça, je n'ai même pas eu le cheminement intellectuel que tu as toi. Ca me paraissait tellement normal d'être là pour les autres, de devenir comme eux à l'envi, je ne supportais pas l'idée qu'une personne quelqu'elle soit ne m'aime pas... et ça marchait!
Maintenant je m'en moque vraiment. Je ne suis pas devenue méchante, ni totalement égoïste et ô surprise, les gens m'aiment aussi comme ça.
Alors, je te souhaite, et vous souhaite à toutes, de trouver la sérénité et l'assurance en vous, qui permettent de dire adieu à ces tca qui nous bouffent la vie.
Bon courage, :kiss:
38 ans Montréal 1666
La vie m'a emmené à travailler sur moi même et à régler de grosses choses à l'intérieur. Je ne faisais pas de lien avec mon hyperphagie. Lorsque j'ai été mieux, j'ai eu le sentiment très fort que mes crises était une défense qui étaient devenues une habitude dont je devais apprendre à me passer puisque j'avais maintenant en moi ce qu'il faut pour affronter le monde tel qu'il est.Tout ça n'était pas très conscient au départ. Alors présentement, je le vis beaucoup mieux mais ce n'est pas l'hyperphagie qui est partie, c'est moi qui apprends à vivre.
47 ans aix en provence 204
Merci d'avoir mis cet article à disposition. :)
Je viens de le parcourir, il semble édifiant : il y a déjà des choses qui ont attiré mon attention ( le lien avec des évènements de l'ordre de l'abus sexuel dans l'enfance, le recueil des frustrations maternelles et l'impossible reconnaissance, le bouc émissaire, etc.)
Je ne me pensais pas hyperphagique, mais je me reconnais dans certains passages de cet article, il va falloir que j'approfondisse.
G
38 ans 744
J'ai réussi à faire lire cet article à mon père, il m'a demandé en quoi je me reconnaissais là dedans et je lui ai répondu, j'attends sa réponse. C'est peut-être enfin une reconnaissance de sa part que mon problème de poids n'est pas aussi simple qu'il y paraît.

Surtout que j'ai un cousin qui est aussi hyperphagique selon cet article, il est en pleine crise, donc mon père pourrait en parler à sa mère. On verra bien.
S
97 ans 4480
Je viens d'ouvrir les yeux :shock: Jesuis hyperempathique en effet et je comprends mieux certaines choses maintenant.. en effet, vu sous cet angle, il est évident que mon hyperphagie me protège plus qu'autre chose.. Mais en meme temps, elle est source de souffrance :?
38 ans aude 792
J'ai été hyperphage et maintenant je suis boulimique, et d'après ce site, l'hyperempathie et la dissociation concernent ces 2 TCAs...
J'ai toujours du mal à lire ces sites parce que j'ai tendance à me reconnaître partout et j'ai l'impression de m'ajouter plein de problèmes psychologiques à ceux que je me connaissais déjà...

Mais là, c'est vrai que je suis sûre de me reconnaître dans l'hyperempathie... il y a notamment un truc que j'ai toujours relié à mes TCAs, ça va paraître bizarre mais je n'ai pas ma propre écriture!!!!!
Je m'explique: à l'école primaire, j'ai recopié celle de la copine qui était toujours félicitée par la maîtresse parce qu'elle écrivait bien, puis au collège je recopiais les écritures de mes meilleures amies du moment... et aujourd'hui je ne sais toujours pas quelle est MON écriture......je suis peut-être la seule, j'en sais rien, mais je suis jalouse de ceux qui ont leur écriture, personnalisée, tous les jours la même (moi je change quand je veux sans jamais sentir que c'est la mienne). Suis-je une psychopathe avec des personnalités multiples et dissociées??? :shock: :shock:

Et puis je veux toujours plaire aux autres aussi, jusqu'à laisser le type qui me plaît à une copine pour pleurer toutes les larmes de mon corps après, je ne sais pas m'affirmer, je m'étouffe dans mes émotions que j'arrive pas à extérioriser et je crise...

J'ai compris il y a un an environ que ma relation à la bouffe reflétait ma relation à tout dans la vie: toujours le tout ou rien, dans le boulot, au volant (défois je me mets en danger, je me rends même pas compte :shock: ), avec les autres (je suis complètement d'accord ou opposée), avec l'alcool :oops: ...

ps: sur ce site, ils vendent des coffrets à 50euros pour guérir de la boulimie ou de l'anorexie, je préfère en rire... :lol: :lol: ...
50 ans Aquitaine 5
Bonsoir,

Ben là, je reste sans voix !
Je ne connaissais absolument pas ce terme d'"hyperphagie", alors tout d'abord, merci, merci infiniment Theotad de me mettre ça sous les yeux.

Il faut dire que j'ai pris ça en pleine poire, presque violemment.
J'ai eu une grosse dépression l'année dernière qui m'a amenée à consulter un psychiatre. Je vous passerais tout le pathos de ma vie, mais ce qu'il en était ressorti de "positif" -si l'on peut dire- est qu'il avait prononcé le mot de "boulimique" a mon sujet. Ca aussi, je l'ai pris en pleine figure. Jamais au cours de mes nombreux parcours de régimes en tous genres on ne m'a parlé de cette pathologie.

Certes, quelquepart, cela me fournissait un excellent alibi à mon surpoids, mais sans en connaître la cause.

Mais quand je lis le descriptif de ce qu'est l'hyperphagie, plus la peine de chercher. Maintenant, je SAIS !

Alors, peut-être que mon esprit tourmenté saura trouver le chemin de la guérison grâce à vous tous et toutes, peut-être pas, mais ce soir, j'ai vraiment l'impression d'être tombée au milieu de gens qui partagent la même maladie, les mêmes blessures, et vous ne pouvez pas savoir combien cela fait du bien.

Merci, merci à toutes et tous. Une porte aujourd'hui s'est ouverte.
V
48 ans Paris 1
:rainbowafro: Bonjour à toutes et tous,

Tout d'abord je voudrais dire un grand merci à Toad, car son commentaire sur l'hyper-empathie m'a énormément aidée. En fait je ne cesse d'y penser depuis quelques jours, ça m'a vraiment éclairée, alors mille fois merci. Je suis moi aussi hyperphage (j'ai découvert ce mot sur le forum), obèse, et j'en souffre beaucoup. Je n'ai pas du tout l'obsession de la minceur, de la chirurgie ou des régimes, mais j'aimerais arriver à surmonter ces crises qui sont source d'une profonde angoisse (ou la manifestation de cette angoisse plus certainement).

Alors j'ai une suggestion à faire, qui m'est venue après avoir vu le bien que me faisait la consultation d'autres expériences sur ce forum : pourquoi ne pas essayer de créer un petit groupe d'amies souffrant de ce problème, afin de se soutenir, de partager nos expériences... Pourquoi pas se rencontrer de temps en temps, passer quelques heures à se promener, partir en week-end qui sait ?

J'habite en région parisienne mais peux me déplacer assez facilement. Alors s'il y a des volontaires...n'hésitez-pas :P !!!

Un très grand merci pour vos témoignages,

Vronski
54 ans Paris 136
Calie-Toad a écrit:
La lecture de cette article il y a quelques jours m'a amenée à réflechir sur mon hyperphagie.

Citation:
on a là une personne insécurisée, qui craint d’être envahie par le monde extérieur, tout en vouant sa vie à ce même monde extérieur, dépendante et inséparable de ce même univers.


Merci Cali Toad pour cet articule très intéressant et le processus de dissociation. Une vraie révélation pour moi, je vais prendre soin de le lire attentivement...
49 ans vigo Espagne 195
je fais remonter ce post,car je me retrouve bcp ds cet article

Citation:
A. Épisodes récurrents de crises de boulimies (" binge eating "). Une crise de boulimie répond aux 2 caractéristiques suivantes :
1) Absorption, en une courte période de temps (moins de 2 heures), d’une quantité de nourriture dépassant notablement ce que la plupart des personnes mangent dans le même temps et dans les mêmes circonstances.
2) Sentiment de perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise (par exemple, sentiment de ne pas pouvoir s’arrêter de manger ou de ne pas pouvoir contrôler ce qu’on mange ou la quantité de ce qu’on mange).
B. Durant les crises de boulimie, au moins trois des critères suivants d’absence de contrôle sont présents :
1) Prise alimentaire nettement plus rapide que la normale.
2) L’individu mange jusqu’à l’apparition de sensations de distension abdominale inconfortable.
3) Absorption de grandes quantités d’aliments sans sensation physique de faim.
4) Prises alimentaires solitaires afin de cacher aux autres les quantités ingérées.
5) Sensations de dégoût de soi, de dépression, ou de grande culpabilité après avoir mangé.
C. Le comportement boulimique est source d’une souffrance marquée.
D. Le comportement boulimique survient en moyenne au moins 2 fois par semaine sur une période de 6 mois.
E. Le comportement boulimique n’est pas associé à des comportements compensatoires inappropriés (par exemple vomissements, prise de laxatifs, exercice physique intensif), ne survient pas au cours d’une Anorexie mentale (Anorexia nervosa) ou d’une Boulimie (Bulimia nervosa).


vous vous reconnaissez ds certaines descriptions?

je suis hyperphagique et hyperempathique :roll: , mais je vais me soigner

pas evident meme si j'ai l'impression que je gere plus facilement mes crises, en me disant que c'est passager, que demain est un autre jour... je ne culpabilise plus... autant!

et cette impression aussi de ne pas savoir qui je suis, d'etre celle qu'on veut que je sois! :roll:
B I U