Qu’est-ce que la polyphagie ?

La polyphagie, maladie connue également sous le nom d’hyperphagie, entraîne une faim extrême qui ne peut être assouvie. Cela est bien différent d’une “grosse” faim que l’on peut ressentir après, par exemple, une activité physique. En effet, les personnes atteintes de polyphagie ne ressentent que rarement le sentiment de satiété, malgré les grandes quantités de nourriture ingurgitées.

Il peut être difficile pour un médecin de différencier une polyphagie d’une hyperphagie boulimique, puisque ces deux maladies ont pour conséquence le fait de manger en quantité trop abondante. Dans le cas de la polyphagie, le patient ressent physiquement des symptômes de faim constante, associés à d’autres pathologies comme une soif et une somnolence excessive, des troubles gastro-intestinaux, etc. A contrario, la boulimie ou frénésie alimentaire se caractérise par des épisodes d’alimentation incontrôlée qui ne sont pas associés à une sensation physique de faim. Dans un cas comme dans l’autre, il convient de prendre rendez-vous avec son médecin pour se faire accompagner et vaincre ces maladies.

Quelles sont les causes de la polyphagie ?

La polyphagie, ou hyperphagie, peut être causée par plusieurs facteurs :

L’hypoglycémie

Il s’agit d’une diminution de la glycémie, qui peut arriver à tout un chacun, bien que cela se produise généralement plus chez les personnes souffrant de diabète. En cas d’hypoglycémie, d’autres symptômes que la polyphagie sont également existants : une sensation de vertige, des maux de tête, un tremblement, une incapacité à se concentrer, une sudation et d’éventuels changements de personnalité.

L’hyperthyroïdie

En cas d’hyperthyroïdie, laquelle peut entraîner le développement de la polyphagie, la thyroïde fonctionne trop rapidement. Pour rappel, la thyroïde est une glande chargée de fabriquer des hormones qui régulent de nombreuses fonctions corporelles. L’une de ces fonctions est notamment de contrôler le métabolisme. De ce fait, si votre thyroïde produit trop d’hormones thyroïdiennes, alors votre appétit peut augmenter considérablement. L’hyperthyroïdie comprend également d’autres symptômes, comme une perte pondérale, une sudation, une chute de cheveux, une difficulté pour s’endormir, de la nervosité générale.

Le stress

Le stress peut entraîner le déclenchement de la polyphagie, étant donné que notre corps libère une grande quantité de cortisol lorsqu’il est en situation de stress. Cette hormone peut considérablement augmenter la sensation de faim. De même, une grande faim peut se déclencher en cas d’anxiété, il s’agit alors d’une réaction émotionnelle entraînant d’importants grignotages afin de faire face à des émotions négatives. Le stress entraîne également d’autres symptômes tels que l’insomnie, des maux et douleurs inexpliqués, des maux d’estomac, des rhumes fréquents et un manque d’énergie.

Le syndrome prémenstruel (SPM)

Le syndrome prémenstruel se déclare avant l’arrivée des menstruations. Le SPM se caractérise par plusieurs symptômes associés au cycle menstruel d’une femme, qui peuvent provoquer une grande faim. Il s’agit principalement d’une envie intense de glucides et de graisses, entraînée par des pics d’oestrogènes et de progestérone. Généralement, le syndrome prémenstruel comprend d’autres symptômes tels que de la diarrhée, des gaz, de l’irritabilité et des sautes d’humeur et de la rétention d’eau.

Le manque de sommeil

Manquer de sommeil peut également vous pousser à manger davantage. En effet, lorsque vous ne dormez pas suffisamment, alors votre organisme aura plus de mal à contrôler les niveaux des hormones régulant la faim. En plus de ressentir une faim intense, vous aurez également envie de consommer des aliments plus caloriques.

Les heures de sommeil comptent, la qualité aussi. En effet, souffrir de troubles du sommeil tels que l’apnée du sommeil par exemple peut vous inciter à manger davantage en journée. Si vous manquez de sommeil, vous présenterez généralement d’autres symptômes comme une somnolence diurne, des problèmes de mémoire, des difficultés à vous concentrer ainsi que des changements d’humeur.

Un régime alimentaire inadapté

Si vous consommez régulièrement des aliments contenant beaucoup de glucides et des lipides malsains, alors vous ressentirez de nouveau une sensation de faim peu de temps après vos repas. C’est notamment parce que ces aliments, comme le pain blanc ou encore les repas-minute et autres menus déséquilibrés, remplissent l’estomac sans apporter les nutriments nécessaires à une satiété sur le long terme. Un régime alimentaire équilibré comprend notamment des légumes et des fruits, ainsi que des céréales complètes, du poisson et de la viande maigre. D’autres symptômes sont causés par une manière déséquilibrée de s’alimenter, à savoir un épuisement, une perte importante ou un amincissement des cheveux, des difficultés à se concentrer et des troubles de la mémoire ainsi qu’une inflammation ou des saignements des gencives.

Le diabète

Le diabète peut entraîner le développement d’une polyphagie, qui est un des symptômes de cette maladie. En effet, lorsque l’on mange, notre corps transforme les aliments en glucose durant la digestion. Pour réguler le taux de sucre qui se retrouve alors dans le sang et permettre la bonne assimilation du glucose par nos cellules, le pancréas produit de l’insuline, une hormone qui permet à notre organisme de se servir du sucre pour puiser son énergie.

Si vous êtes diabétique, votre pancréas ne peut plus produire suffisamment d’insuline (en cas de diabète de type 1) ou bien vos cellules n’utilisent plus correctement cette insuline (il s’agit alors du diabète de type 2). Les conséquences de ces deux diabètes sont les mêmes : vos cellules ne trouvent plus assez d’énergie pour fonctionner correctement. Lorsque ces dernières ne parviennent plus à bénéficier de la bonne dose de glucose, alors elles déclenchent dans votre organisme une sensation de faim, vous poussant à vous alimenter pour leur fournir du glucose. En cas de diabète, vous pourriez alors avoir vraiment très faim.

De manière générale, d’autres symptômes peuvent laisser penser à un diabète de type 1 ou de type 2, notamment : une soif excessive, une perte inexpliquée de poids ou au contraire, un gain de poids considérable, une cicatrisation de la peau plus lente, une miction (envie d’uriner) fréquente ainsi qu’une vision brouillée.

Les personnes atteintes de diabète sont également plus à même de développer une hyperglycémie, à cause des médicaments employés pour contrôler la glycémie. Cette hyperglycémie peut déclencher une polyphagie chez les patients souffrant de diabète.

Comment guérir de la polyphagie ?

Pour aider à soigner la polyphagie, le médecin se concentre notamment sur la cause sous-jacente de cette maladie. Nous venons de le voir, de nombreuses affections peuvent entraîner la polyphagie, comme le diabète, un stress excessif, un manque de sommeil, etc. En premier lieu, le médecin, diététicien ou nutritionniste sera amené à prescrire à son patient atteint de polyphagie un programme d’exercices physiques, couplé à une alimentation saine. En effet, un mode de vie équilibré peut notamment agir sur la polyphagie, mais également ses conditions sous-jacentes lorsqu’il s’agit d’une grande anxiété par exemple.

Si la polyphagie est due à une cause mentale, comme une dépression ou une anxiété disproportionnée, alors se référer à un spécialiste de la santé mentale comme un psychiatre ou psychologue s’avère nécessaire. Thérapie cognitivo comportementale, thérapie par la parole, prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques peuvent également aider à contrôler la polyphagie.

 

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