Surpoids et diabète sont-ils liés ?

En France, en 2015, les données indiquent que 3,7 millions de personnes suivaient un traitement médicamenteux pour leur diabète, soit près de 5, 4% de la population. Un chiffre auquel il convient d’ajouter les personnes diabétiques, mais qui ignorent l’être. Une prévalence qui ne cesse d’augmenter que ce soit dans notre pays comme dans le reste du monde, notamment chez les jeunes, les séniors et les hommes. Les femmes demeurent également susceptibles de développer un diabète, notamment lorsqu’elles sont en surpoids.

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est une maladie qui est causée par un mauvais fonctionnement du pancréas. Cet organe, situé dans l’abdomen, est en charge de la fabrication de l’insuline, laquelle est une hormone dont le rôle est d’éviter une surcharge de sucre dans le sang. En effet, cette surcharge de glucose dans le sang, appelée hyperglycémie, est dangereuse pour la santé. De ce fait, lorsque le pancréas fonctionne mal, alors la quantité de sucre dans le sang est beaucoup trop importante : c’est ce que l’on appelle le diabète.

Il existe deux diabètes

Le diabète de type I, qui apparaît le plus souvent chez les personnes de moins de 35 ans, surtout lorsqu’elles sont âgées de 10 à 16 ans. Dans le diabète de type I, les cellules qui sécrètent l’insuline au niveau du pancréas sont alors détruites, ce qui entraîne une production quasi nulle d’insuline. De ce fait, les patients souffrant de ce diabète doivent s’injecter quotidiennement de l’insuline pour réguler leur taux de sucre dans le sang.

Le diabète de type II apparaît de manière plus insidieuse, notamment chez les personnes de plus de 40 ans. Il se développe alors progressivement et sa découverte se fait bien souvent de manière totalement fortuite, au cours d’un examen de routine. Chez la personne obèse ou en surpoids, c’est-à-dire dont l’IMC (Indice de Masse Corporelle) dépasse 25, il s’agit généralement du diabète de type II.

Quels sont les symptômes précurseurs du diabète ?

Il existe plusieurs symptômes, qui pris de manière isolée ou bien regroupés, permettent à un spécialiste de suspecter un cas de diabète : une asthénie, qui est une grande fatigue, une polydipsie, se caractérisant par une soif intense ne pouvant être comblée, une polyurie, soit l’envie constante d’uriner, ainsi qu’une polyphagie. Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes, alors il convient de procéder à un contrôle médical, quel que soit votre âge. À noter également qu’en cas de diabète de type II, il se peut très bien qu’aucun symptôme flagrant ne soit détecté au cours de votre vie, ce type de diabète étant en moyenne plus insidieux que le diabète de type I.

Qu’est-ce que la polyphagie ?

La polyphagie est une maladie, ou un symptôme, qui se caractérise par une faim excessive ne pouvant être assouvie. Les personnes souffrant de polyphagie ne ressentent jamais la sensation de satiété. De ce fait, elles ingurgitent des quantités excessives de nourriture, entraînant diverses complications comme des diarrhées, une prise de poids excessive, etc. Les individus souffrant de polyphagie, tout comme les personnes en surpoids, sont plus à risque de développer un diabète ou d’en souffrir déjà.

Qu’est-ce que l’insuline et quel est son rôle ?

Le rôle de l’insuline est primordial dans le développement et la régulation du diabète. En effet, cette hormone sécrétée par le pancréas, plus précisément par les cellules qui se situent dans les îlots de Langerhans, permet au glucose de pénétrer dans les cellules du corps. Ces dernières utilisent alors le glucose comme énergie de suite disponible, ou bien stockent le sucre pour une future utilisation.

Chez une personne non diabétique, l’insuline est sécrétée en continu de manière à ce que le taux de sucre soit constamment régulé dans le sang. L’organisme produit alors la bonne quantité d’insuline en fonction de ses besoins, mais également des aliments ingérés. Par exemple, après la prise d’un repas, le pancréas sécrète alors une dose supplémentaire d’insuline, de manière à ce que le glucose sanguin demeure en dessous d’une certaine limite.

Chez les personnes diabétiques, l’insuline n’est pas produite en quantité suffisante par le pancréas. C’est pourquoi un diabétique doit s’injecter lui-même de l’insuline, plusieurs fois par jour, afin de pallier au fonctionnement normal du pancréas.

Chez la personne atteinte de diabète de type II, le pancréas produit encore de l’insuline, contrairement au diabète de type I, mais cette hormone n’est pas correctement utilisée par le corps. De ce fait, un diabétique de type 2 a généralement besoin de prendre des médicaments antidiabétiques et parfois même de s’injecter de l’insuline supplémentaire.

Qu’est-ce que la glycémie ?

Les diabétiques doivent de ce fait contrôler leur glycémie tout au long de la journée. La mesure de l’indice glycémique permet en effet d’apprécier le taux de glucose dans le sang. Le taux de glycémie varie principalement en fonction de l’alimentation. Les cellules du foie jouent alors un rôle primordial de stockage et de libération du sucre si le glucose vient à manquer dans l’organisme. Bien que plusieurs hormones puissent faire augmenter la glycémie, seule l’insuline produite par le pancréas peut éliminer le glucose présent en excès dans le sang. C’est notamment pour cela que les diabétiques qui souffrent d’une diminution ou d’une suppression d’insuline dans leur corps possèdent des taux sanguins de glycémie très élevés.

L’indice glycémique : qu’est-ce que c’est et comment s’en servir ?

Pour contrôler leur taux de glucose dans le sang, les diabétiques se basent sur l’indice glycémique de chaque aliment. En effet, chaque nutriment possède un index glycémique renseignant sur la quantité de sucre qu’il va libérer dans l’organisme après avoir été mangé. Les personnes diabétiques doivent ainsi privilégier les aliments à index glycémique bas.

L’indice glycémique permet d’effectuer une comparaison des portions d’aliments renfermant le même poids de glucide, en fonction de leur capacité à élever le taux de glucose dans le sang. En clair, l’index glycémique indique à quelle vitesse le sucre présent dans un aliment va se retrouver dans le sang. Une glycémie considérée comme normale se situe entre 3,9 et 5,8 mmol/L.

L’ensemble des glucides, qu’ils soient simples ou complexes, entraînent une forte augmentation du taux de glucose dans le sang. Ce pic de la glycémie intervient généralement dans les 30 minutes après l’ingestion de ces aliments, il est alors plus ou moins haut et détermine l’indice glycémique de l’aliment en question.

Plus un aliment possède un index glycémique (IG) élevé, plus il va faire grimper la glycémie et plus l’insuline sera fabriquée et libérée par la pancréas pour réguler le glucose dans le sang. De ce fait, à plus ou moins long terme, la consommation répétée d’aliments trop sucrés, c’est-à-dire à indice glycémique élevé, entraîne une perte de sensibilité de l’insuline par les cellules de l’organisme. En clair, nos cellules ne réagissent plus aussi bien à l’insuline. Cette résistance à l’insuline se traduit alors par un trop-plein de sucre dans le sang, ce qui provoque le stockage de graisses dans l’organisme et donc l’obésité, l’hypertension et le diabète de type 2.

C’est pourquoi, afin de prévenir le diabète et donc l’obésité ainsi que les autres maladies qui en découlent, il est important de consommer de préférence des aliments à index glycémique bas ou modéré, c’est-à-dire dont l’IG ne dépasse pas 70.

Pourquoi a-t-on plus de risque d’être diabétique lorsque l’on est en surpoids ?

La réponse est toute simple : plus la quantité de graisse présente dans votre corps est importante, plus votre organisme va avoir besoin d’insuline pour réguler le glucose libéré dans votre sang. Si votre pancréas ne parvient plus à produire suffisamment d’insuline pour satisfaire ce besoin, alors le diabète se développe. Chez l’obèse ou la personne en surpoids, le diabète est donc bien la conséquence d’un excès de masse graisseuse. C’est pourquoi toute perte de poids, même limitée, aura un effet bénéfique sur le risque de développer un diabète et sur le diabète en lui-même, lorsqu’il s’est déjà déclaré.

Les statistiques sont formelles, une personne obèse à trois fois plus de risque de développer un diabète qu’un individu au poids normal. Les dangers du diabète pour la santé sont nombreux : développement de maladies cardiovasculaires, problèmes ophtalmologiques, risque de plaies au niveau des pieds à cause de la sécheresse de la peau et d’une mauvaise circulation sanguine, atteintes rénales, etc.

L’obésité abdominale, qui est un excès de graisse au niveau du tour de taille, est notamment la plus susceptible de conduire au développement d’un diabète et autres maladies liées au surpoids. Ainsi, vous risquez de développer un diabète et mettre votre santé en péril si votre tour de taille est supérieur à 90 cm lorsque vous êtes une femme, et supérieur à 100 cm si vous êtes un homme.

Le diabète entraîne-t-il de l’irritabilité chez les personnes concernées ?

Une récente étude a prouvé que l’humeur et le comportement d’une personne étaient directement liés à ses taux de glycémie. Ainsi, lorsque le taux de glycémie est élevé, alors l’humeur devient maussade ou bien au contraire, trop enjouée. Une certaine irritabilité peut alors intervenir chez les personnes diabétiques. De même, lorsque le taux de glycémie chute brutalement après un pic, alors l’humeur peut aussi s’en trouver affectée. Les personnes habituellement joviales vont alors avoir tendance à se renfermer, a contrario, les personnalités timides peuvent soudainement se mettre à parler fort. Le diabète est donc étroitement lié à l’humeur des personnes concernées ; c’est pourquoi il est important pour les diabétiques de réguler leur glycémie, que ce soit pour leur santé physique comme mentale.

 

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