Les autres classes de désordres physiologiques liés au surpoids

Qu’ils soient d’ordre psychologique, respiratoire ou métabolique, les désordres physiologiques liés au surpoids sont nombreux. Le surpoids et l’obésité, qui correspondent tous les deux à un excédent de graisse présent dans le corps, sont dus principalement à une alimentation trop riche, couplée à un manque d’activité physique. D’autres facteurs d’ordre génétiques, psychologiques ainsi que dus à des maladies chroniques peuvent entraîner un surpoids. Quelles que soient les causes de cet excès de masse graisseuse, les conséquences néfastes sur la santé ne sont pas à prendre à la légère : en effet, en plus du diabète et des troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil, le surpoids peut entraîner de l’hypertension, du cholestérol, des troubles hormonaux, favoriser l’anxiété et la dépression.

L’hypertension

En cas de surpoids, une hypertension peut alors se développer. Cette pathologie, qui se caractérise par un excès de pression exercée par le sang dans les artères, entraîne une dégradation de ces dernières. Trop sollicitées, les artères finissent par s’abîmer prématurément et peuvent alors rompre, créant une hémorragie. L’hypertension est ainsi une pathologie à prendre très au sérieux, surtout en cas de surpoids ou d’obésité, étant donné que la graisse constitue une pression supplémentaire sur les artères.

Si vous présentez un surplus de masse graisseuse ou êtes obèse, il est donc très important de commencer à perdre des kilos, chaque kilo en moins étant gage d’amélioration de l’hypertension. En effet, être hypertendu expose à un risque accru d’accident cardiovasculaire. Il convient donc, outre le fait de perdre du poids, d’agir également sur d’autres facteurs tels que le cholestérol, le diabète, le tabagisme ou la sédentarité, autant d’ennemis pouvant causer une hypertension artérielle.

Le cholestérol

Les personnes en surpoids présentent généralement un taux de cholestérol plus élevé que celles dont l’Indice de Masse Corporelle (IMC) est normal. Toutefois, bien que le surpoids soit souvent accompagné d’une hypercholestérolémie, être mince ne signifie pas toujours être épargné par cette pathologie.

Le cholestérol est une graisse principalement produite par le foie, mais également apportée par l’alimentation. De nombreux paramètres jouent sur la cholestérolémie, notamment des mauvaises habitudes alimentaires comme une alimentation trop riche en acides gras saturés. Pour être transporté dans les différents organes, le cholestérol utilise deux types de transporteurs lui permettant de circuler dans le sang : les HDL et les LDL.

Lorsque les LDL sont en excès ou fonctionnent mal, alors le taux de cholestérol dans le sang augmente. Petit à petit, le cholestérol se dépose en plaques dans les artères, jusqu’à boucher ces dernières. Des accidents cardio-vasculaires et vasculaires cérébraux peuvent alors survenir. C’est notamment pourquoi le LDL est qualifié de mauvais cholestérol.

Bien que poids et cholestérol ne soient pas forcément liés, les personnes en surpoids présentent tout de même un taux de cholestérol plus élevé que les individus minces. Un constat lié en grande partie au fait que ces patients adoptent en moyenne une alimentation plus riche en graisse.

La prescription d’un régime basé sur une alimentation contenant moins de graisses permet alors une diminution du poids ainsi qu’une baisse du cholestérol sanguin.

Les troubles hormonaux

Souffrir de surpoids entraîne également des troubles hormonaux, que ce soit chez les hommes comme les femmes. Il est en effet prouvé que les variations hormonales, notamment chez une femme, ont un impact sur la prise de poids. Il est également tout aussi vrai que le surpoids entraîne à son tour des troubles hormonaux. Il s’agit donc, en quelque sorte, d’un cercle vicieux.

Certaines hormones pouvant être impactées par le surpoids et ses pathologies diverses sont très importantes, comme l’insuline et leptin. Le leptin est une hormone relâchée dans les adipocytes (les cellules graisseuses) de manière proportionnelle au poids corporel. Le leptin joue notamment un rôle primordial dans la diminution de l’appétit. Être en surpoids peut mener à une production trop importante de leptin, face à laquelle l’organisme deviendra insensible. Puisque le leptin est produit par les cellules graisseuses, le niveau de cette hormone est donc plus important chez les personnes en surpoids que celles présentant un IMC normal. De ce fait, plus l’on possède de masse graisseuse, plus la production de leptin entraîne une résistance de l’organisme à cette dernière. L’appétit n’est plus régulé et conduit à une prise de poids. Là encore, l’existence d’un cercle vicieux n’est plus à démontrer.

Le surpoids et l’obésité ont également comme conséquence de conduire au diabète, pathologie caractérisée par une résistance à l’insuline ou un manque de production de cette hormone. L’insuline, produite par le pancréas, aide à réguler le métabolisme et réduire le glucose sanguin après un repas. Chez la personne obèse, l’insuline ne permet plus la baisse du glucose sanguin, entraînant alors un surpoids et la déclaration d’un diabète. Le diabète entraîne à son tour des dérèglements hormonaux, tels que des troubles des menstruations et des difficultés à concevoir chez l’homme comme la femme.

En ce qui concerne les hormones sexuelles, la distribution de réserves lipidiques est contrôlée par les oestrogènes et les androgènes (respectivement les hormones sexuelles femelles et mâles). Ces deux hormones sont très sensibles au surpoids, mais induisent également une prise de masse graisseuse lorsqu’elles sont déréglées, notamment durant la ménopause.

Le surpoids entraîne également chez les femmes des troubles des règles, notamment en cas d’obésité. L’excès de masse graisseuse peut causer le syndrome des ovaires polykystiques, notamment chez les femmes présentant une obésité abdominale. Les ovaires polykystiques souffrent de nombreux kystes, entraînant une irrégularité des cycles menstruels, voire leur disparition (aménorrhée). En cas d’obésité, la perte de quelques kilos seulement peut aider à retrouver des cycles menstruels normaux.

L’anxiété, la dépression et autres troubles de l’humeur

En ce qui concerne les désordres d’ordre psychologiques pouvant être causés par le surpoids, là aussi, l’existence d’un cercle vicieux est avérée. Ainsi, s’il est prouvé que l’anxiété, la dépression et autres troubles de l’humeur conduisent aux grignotages, à la consommation de sucre (lequel agit comme un déstressant) et à des prises alimentaires trop importantes ; les personnes en surpoids sont également plus sensibles à l’anxiété, la dépression et autres troubles psychologiques. Aucune raison scientifique ne permet d’affirmer que l’excès de masse graisseuse développe des désordres psychologiques chez les personnes en surpoids, toutefois, souffrir d’un excès de masse graisseuse peut amener à se sentir mal dans son corps et donc, en retrait de la vie sociale. Le fait de savoir que le surpoids agit négativement sur la santé peut également entraîner de l’anxiété, tout comme les critères de beauté actuels, qui érigent la minceur en idéal de beauté. Les préjugés dont souffrent les personnes obèses et en surpoids amènent aussi ces dernières à être plus facilement exclues socialement, les prédisposant de fait à l’anxiété et la dépression, ainsi que d’autres troubles de l’humeur.

D’un point de vue scientifique cette fois-ci, certaines études ont démontré que les diabétiques, dont le taux de sucre dans le sang est trop important, sont plus à même de souffrir de troubles et variations importantes de l’humeur en cas d’hyper comme d’hypoglycémie.

Des articulations en souffrance

Plus le surpoids est important, plus ce dernier pèse sur les articulations. C’est ainsi que les personnes en situation d’obésité présentent généralement plus de problèmes ostéo-articulaires. La pathologie la plus fréquente en cas d’obésité est l’arthrose du genou, un risque qui augmente même lorsque le surpoids est modéré.

L’excès de poids expose de fait les articulations à une usure mécanique plus rapide, laquelle est liée aux forces supplémentaires s’exerçant sur les articulations sollicitées. Outre ce poids supplémentaire devant être supporté par les articulations, une légère différence de la répartition de ces forces est également présente chez les personnes en surpoids, ce qui les amène parfois à adopter une démarche différente.

En ce qui concerne les genoux, sachant que ces derniers sont soumis à une force représentant près de 5 fois le poids du corps lorsqu’il est en marche, il est facile de comprendre pourquoi le risque d’arthrose du genou (gonarthrose) est cinq fois plus élevé chez les sujets obèses. De la même manière, les prothèses de hanche sont deux fois plus présentes chez les personnes en surpoids important.

C’est ainsi que les individus présentant des problèmes de poids ont tendance à développer de l’arthrose de manière prématurée, notamment au niveau des genoux et des hanches, mais également des articulations des mains et des poignets. En cas d’obésité, ces atteintes sont généralement bilatérales, le risque augmentant en fonction de l’Indice de Masse Corporelle (IMC).

Là encore, une question se pose : l’obésité mène-t-elle à l’arthrose ou bien est-ce l’inverse ? Étant donné que les douleurs de l’arthrose entraînent généralement une sédentarité, la question peut se poser. Toutefois, la plupart des études tendent à prouver que c’est bien l’obésité qui précède l’apparition de l’arthrose, tout comme les autres troubles physiologiques et psychologiques causés par le surpoids.

 

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