Déséquilibre hormonal et surpoids

Les hormones jouent un rôle essentiel dans la prise comme la perte de poids. Comprendre leur fonctionnement permet d’en apprendre plus sur les problèmes de poids dont nous pouvons souffrir. Pour autant, il n’y a pas de fatalité, en pratiquant régulièrement une activité physique, couplée à une alimentation équilibrée, il est possible de lutter contre son surpoids.

Qu’est-ce qu’une hormone ?

Selon le dictionnaire Larousse, une hormone est une « substance sécrétée par une glande endocrine, libérée dans la circulation sanguine et destinée à agir de manière spécifique sur un ou plusieurs organes cibles afin d’en modifier le fonctionnement ». Le système endocrinien humain est constitué de plusieurs glandes, environ une dizaine, dont le rôle est de produire une hormone bien spécifique. Certains organes, comme le pancréas, le coeur, les ovaires, les reins, les testicules et les intestins, fabriquent également leurs propres hormones.

Les hormones sont en quelque sorte les messagers chimiques du corps. Elles possèdent toutes des fonctions qui leur sont propres et plusieurs d’entre elles jouent un rôle primordial dans la régulation du poids.

Quelles sont les hormones qui peuvent faire grossir ?

Notre corps produit cinq hormones susceptibles de nous faire prendre du poids, en fonction de leur production et de notre métabolisme.

L’insuline : sécrétée par le pancréas, cette hormone sert à réguler le taux de glucose dans le sang. Elle stimule également la synthèse des lipides au sein de la graisse corporelle.

Le glucagon : hormone sécrétée par le pancréas, elle aide l’organisme à réguler la glycémie. Le glucagon possède donc une fonction opposée à celle de l’insuline, puisque cette hormone entraîne une hausse de la glycémie.

Le cortisol : appelé “l’hormone du stress”, le cortisol est produit et libéré par les glandes surrénales après stimulation de l’hypophyse. Cette hormone permet de fournir au corps l’énergie nécessaire pour lui permettre d’endurer une situation stressante. Toutefois, si le taux de cortisol demeure trop élevé, alors cela peut entraîner une prise de poids.

La ghréline : aussi appelée “hormone de la faim”, le rôle de la ghréline est de provoquer la faim et donc la prise de nourriture. Cette hormone est sécrétée par les cellules de l’estomac.

La leptine : il s’agit de l’hormone opposée de la ghréline, puisqu’elle est l’hormone de la satiété. Produite par les cellules graisseuses, elle indique à l’organisme qu’il n’a plus besoin de s’alimenter. Il arrive qu’une résistance à la leptine se déclare, entraînant un manque de sentiment de satiété bien que le taux de leptine dans le corps soit élevé.

Ces hormones, dont le rôle initial est de permettre à l’organisme de se réguler, peuvent chez certaines personnes entraîner une prise de poids ou bien une perte de kilos. En effet, lorsque la production de ces hormones se fait en trop grande quantité, ou en quantité insuffisante, alors un trouble hormonal se déclare. Les troubles hormonaux affectent directement notre bien-être et notre santé, c’est pourquoi il est important de les détecter et de les traiter si possible. Un traitement hormonal pourra aider l’organisme à rétablir l’équilibre hormonal, toutefois, si les dosages ne sont pas régulièrement contrôlés et adaptés, un autre problème hormonal peut survenir.

Les perturbateurs endocriniens : facteurs silencieux de l’obésité

Depuis près de trente ans, l’obésité se développe dans les pays industrialisés, tout comme la proportion de personnes en surpoids. Ainsi, près de 45 % des Français seraient en surpoids, c’est-à-dire que leur IMC, Indice de Masse Corporelle, serait supérieur à 25. Or, le surpoids et l’obésité sont souvent associés à d’autres maladies potentiellement graves, comme le diabète et l’athérosclérose. Des phénomènes qui deviennent des enjeux de santé publique.

Jusqu’à présent, la prise de poids en progression dans les pays industrialisés était surtout imputée à une alimentation trop riche et un manque d’activité physique. Depuis quelques années, une autre thèse s’impose : les perturbateurs endocriniens, molécules de synthèse ou naturelles, présentes dans l’environnement et la nourriture, perturberaient les mécanismes de régulation du métabolisme. Ces perturbateurs endocriniens agiraient en particulier lors du développement foetal, déréglant pour la vie la balance énergétique de l’organisme et favorisant le développement de l’obésité.

Le concept de perturbation endocrinienne, apparu il y a 20 ans, émet l’idée qu’une molécule exogène, c’est-à-dire étrangère à l’organisme, puisse prendre la place d’une hormone produite par le corps et donc engendrer des effets délétères pour la santé. De fait, ces perturbateurs endocriniens empêchent l’action normale de l’hormone ou bien l’imitent.

En ce qui concerne l’équilibre métabolique, fortement soumis aux hormones, les perturbateurs endocriniens peuvent le déstabiliser, entraînant alors une prise de masse graisseuse. En effet, le corps humain a la capacité de stocker l’énergie fournie par les aliments sous forme de graisse, au sein des cellules adipeuses, les adipocytes. Celles-ci, situées principalement sous la peau et proche de l’appareil digestif, permettent au corps de réutiliser cette énergie si besoin. Les hormones interviennent dans ce système de stockage et de libération de la masse graisseuse en fonction des besoins du métabolisme. Lors d’un dérèglement hormonal causé par les perturbateurs endocriniens, ou tout autre facteur, un stockage excessif des graisses survient.

Les femmes : une vie influencée par les hormones

L’organisme des hommes comme des femmes est soumis aux hormones, toutefois ces dernières sont également soumises aux hormones ovariennes qui influencent nettement leur vie, de la puberté à la ménopause. Ces hormones ovariennes sont l’oestrogène et la progestérone.

Les oestrogènes sont les hormones de la féminité. C’est notamment sous leur action qu’à la puberté le corps des jeunes filles prend des formes : la poitrine grossit et les hanches s’arrondissent. L’oestrogène assure ainsi les réserves de graisse nécessaires à la reproduction en contribuant à leur fabrication. Lorsque les oestrogènes ne sont pas correctement contrebalancés par la progestérone ou bien qu’elles sont produites en trop grande quantité, cela entraîne une prise de poids.

La progestérone a pour mission, en cas de fécondation, de préparer la muqueuse pour qu’elle soit favorable à la nidation de l’oeuf. Lorsqu’il existe un trouble hormonal, ou bien qu’il n’y a pas eu d’ovulation, la production de la progestérone ne se fait pas.

La puberté, période de chamboulement hormonal pour tous les adolescents, est suivie bien plus tard de la ménopause pour les femmes, phase durant laquelle les modifications hormonales sont inéluctables.

Les variations hormonales “classiques” influant sur le poids

Tout au long de la vie, nous traversons des périodes de variations hormonales, fréquentes chez la femme. Lors de la puberté, les modifications du métabolisme peuvent entraîner une prise de poids, surtout si ces dernières sont accompagnées d’une alimentation trop riche et d’une sédentarité. En effet, lors de la puberté, les dépenses énergétiques diminuent globalement, ce qui s’explique principalement par un manque d’exercice physique. En ce qui concerne la dépense énergétique au repos durant la pré puberté, vers l’âge de 11 ans, celle-ci diminue également. Une situation délicate, entraînée par un bouleversement hormonal que les chercheurs ont encore du mal à expliquer, qui si elle ne s’accompagne pas d’une alimentation équilibrée peut favoriser la prise de poids.

Durant la grossesse, les femmes sont également amenées à subir d’importantes variations hormonales, notamment en ce qui concerne les hormones ovariennes. Celles-ci entraînent un stockage des graisses de manière à être en mesure de subvenir aux besoins de la mère et du foetus, durant 9 mois. La grossesse peut ainsi être une période de dérèglement hormonal chez la femme, qui éprouvera de la difficulté par la suite à perdre du poids.

Autre période délicate sur le plan hormonal pour la femme : la ménopause, lorsque le métabolisme ralentit et qu’une carence d’oestrogène apparaît. Le stockage des graisses est alors favorisé et les kilos peuvent s’installer de manière insidieuse, si une alimentation adaptée et la pratique d’une activité physique ne suffisent pas.

Chez la femme, la période précédant les règles peut également entraîner un dérèglement hormonal et une prise de poids : c’est ce qu’on appelle le syndrome prémenstruel, phénomène complexe dû à un dérèglement entre les oestrogènes et la progestérone. Il s’agit alors plutôt d’un gonflement qu’une réelle prise de poids, laquelle est le plus souvent modérée (un ou deux kilos).

Les maladies déréglant les hormones régulant le poids

Outre ces dérèglements hormonaux dits “classiques”, il existe de véritables maladies impactant les hormones et influant sur le poids, la plus courante étant l’hypothyroïdie. Les femmes souffrant d’hypothyroïdie vont ainsi prendre entre 4 et 5 kilos supplémentaires, en moyenne. Rappelons que cette maladie, lorsqu’elle est correctement prise en charge, se soigne très bien. Quant à l’hyperthyroïdie, bien qu’elle entraîne généralement une perte de poids, elle peut parfois conduire à une prise de masse graisseuse.

D’autres maladies, plus rares, peuvent entraîner une prise de poids : il s’agit des dérèglements des glandes surrénales ou de l’hypophyse.

Quant au diabète, courant chez les personnes en surpoids ou obèses, il s’agit d’un dérèglement hormonal causé par le pancréas, lequel ne produit plus suffisamment d’insuline afin de réguler le taux de glucose dans le sang.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est également une maladie hormonale fréquente chez les femmes en âge de procréer. À ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique, mais les recherches en cours améliorent grandement la compréhension du mécanisme à l’origine de cette pathologie. Cette maladie est due à un dérèglement hormonal d’origine ovarienne et/ou centrale (c’est-à-dire au niveau du cerveau). Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) entraîne une production accrue d’androgènes, en particulier de testostérone, normalement produite en petite quantité dans l’organisme féminin. Il en résulte alors une élévation anormale du taux de testostérone dans le sang des femmes touchées par cette pathologie, environ une femme sur dix. Cela entraîne des cycles menstruels irréguliers, une hyperpilosité et des troubles du métabolisme.

En ce qui concerne les variations hormonales, qu’elles soient dues à un dérèglement hormonal “classique” ou bien une pathologie influant sur les hormones, les femmes sont le plus souvent atteintes. On peut toutefois trouver également des problèmes d’hypothyroïdie chez l’homme. Dans ce cas, il s’agit généralement d’andropause, c’est-à-dire une diminution des hormones mâles qui se produit à un âge un peu plus avancé que la ménopause chez la femme.

Quelle que soit la cause de votre dérèglement hormonal, il existe des solutions adaptées. Ces solutions, le plus souvent naturelles lorsqu’il s’agit de la ménopause par exemple, peuvent être d’ordre médicamenteux en cas de pathologie avérée. Quoi qu’il en soit, respecter des principes de base lors d’un dérèglement hormonal permet de limiter fortement la prise de poids. Ces principes reposent sur un mode de vie sain, une alimentation équilibrée et la pratique régulière d’une activité physique.

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