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rencontrer les amis de son homme

45 ans 785
et avoir l'impression d'être dans une autre dimension...

Les différences dans le couple je me suis toujours dit que c'était pas insurmontable pour peu qu'il y ait de la bonne volonté  
de part et d'autre.

Puis j'ai été présentée aux amis et j'ai pris la mesure de nos différences sociales et culturelles.

J'évolue dans un milieu plutôt anticlérical, gauchiste, relativement prolo où il est de bon ton de porter des jeans achetés au supermarché et d'aller boire des cafés dans des rades un peu glauques pour refaire le monde sur fond de PMU.

Lui il évolue dans le monde de la bourgeoisie, catholique, sérieuse qui rêve d'appartements au pied de la tour Eiffel et sort dans des endroits branchés.
Plus jeune il a été invité à des rallye (je savais pas ce que c'était mais le concept c'est de réunir des jeunes "bien nés" pour qu'ils aient envie de se marier ensembles).

Ses amis sont charmants, de "bonnes familles", même pas antipathiques mais je me sens très inadaptée à leur compagnie.

Je suis partagée entre un sentiment très agressif (le concept du rallye me donne envie de vomir) et un complexe d'infériorité (comme au bon vieux temps de la lutte des classes) parce que je maîtrise pas les codes vestimentaires, ou juste sociaux.

Des fois j'ai l'impression qu'on est tombés amoureux par accident mais qu'il va bien finir par s'apercevoir que je colle pas du tout avec les exigences de son univers, que ça fait pas très classe de me présenter...

Alors bon, ça pourrait être sans importance s'il ne tenait pas absolument à m'emmener dans les brunchs et autres activités festives de ses camarades.

Comment vous gérez les différences culturelles vous?
793
Que deux personnes issues de milieux différents se rencontrent, ça n'a rien d'extraordinaire. Mais je me demande comment on peut aimer et/ou s'accorder quelqu'un en lui reprochant ses origines sociales ou en se sentant complètement à l'ouest... :roll:

Comment on fait ? Personnellement, je ne me mélange pas avec des personnes de classes sociales différentes de la mienne. Mais que les choses soient claires : classe sociale différente ne signifie pas épaisseur du portefeuille mais éducation et tout ce qui va avec. Ce qui fait que j'ai une répulsion quasi-égale envers les bourgeois (surtout les bobos !), les nouveaux riches et les bas-milieux. Je n'ai donc jamais eu de problèmes relationnels spécifiques à cette question...
42 ans RP 3487
Mon mari est issu d'un milieu plus "bourgeois" que moi ...
Mon père est le 1er de sa famille a avoir "reussi" alors que du tout coté de mon mari il y a bien longtemps que tout le monde a "une bonne situation" ...

Ben écoute ... ca se gère ...

Je n'ai pas changé, je suis plus brut de fonderie que l'entourage habituel de mon mari ...
mais je suis plus franche aussi ...

Mes beau parents ont appri a apprecier mes qualités ...
Je fréquente peu ses amis que je trouve snob et nombrilistes ...

Par contre de son coté il s'entend bien avec les miens ...

bref ... ce n'est pas incompatible
32 ans 191
:D
Je sais ce que tu ressens.

Comment j'ai gérer ? Euh j'ai fui a toute jambes sans expliquer pourquoi ..
Les grands mots , les grands discours , les appartements étages , les employés de maison, les amis snobent , les soirées ou je me sentaient différentes j'ai pas supporter .

Faut que tu t'accroches si tu veux aller plus loin avec lui :D

Dorénavant je fais comme Mephisto ;)
37 ans Paris 1810
Ton message me ramène quelques années en arrière...

Je suis issue du milieu ouvrier, avec un père ouvrier métallurgique, une mère au foyer, des grands-parents/oncles plus chauffeurs routiers ou garagistes que banquiers ou profs...

Mes parents ont toujours accordé une énorme importance aux études de leurs enfants, sûrement dans l'espoir de leur offrir une vie "meilleure" à leurs yeux. J'ai toujours eu une pression énorme là-dessus, et c'est comme ça que, de fil en aiguille, je me suis retrouvée à faire mes études supérieures à Sciences Po Paris.

Là-bas, une majorité de jeunes issus de milieux très aisés, grande bourgeoisie voire noblesse, ou au moins de milieux intellectuels dits supérieurs. Je me suis très vite construite, à tort sûrement, car il y avait de bonnes personnes dans le lot, en rejet à cette population "chic et fric". Ma tendance un peu marginale/gaucho/anticonformiste s'est accentuée. Dès lors, un peu dur de s'intégrer...

Malgré tout, je suis tombée amoureuse d'un type, ou plutôt devrais-je dire d'un archétype :lol: , qui était l'essence même de tout ce que je détestais : en fin d'études à polytechnique (école à composante militaire), fils de grands bourgeois libanais, qui projetait de travailler dans le milieu de la finance. Sic!! :x

Et pourtant... Il y a comme on dit une faible distance entre ce qui vous attire et ce qui vous répugne. Je crois que tout ce luxe, cet argent facile, ces amis issus de la jeunesse dorée, insouciants... m'a tourné la tête. C'était à mille lieux de ce que je connaissais, c'était comme un rêve ou plutôt un fantasme qui devenait réalité.

Il est parti faire sa derière année d'études aux USA, à Stanford près de San Francisco. Et il me payait constamment des allers-retours pour aller le voir, en première classe. Là-bas, on faisait la route des vins en décapotable, on allait à des soirées dans des villas avec piscine à débordement, on ne mangeait qu'au resto... Ses amis étaient gentils, et j'arrivais à ne pas trop complexer en compensant mon absence de fortune par mon bagage universitaire. Et puis il ne leur semblait pas anormal qu'étant une femme, je me fasse entretenir par mon copain. (re-sic!!).

Puis mon petit ami est rentré en Europe et est entré comme trader chez Lehman Brothers, à Londres. J'ai arrêté mes études et l'ai suivi, aveuglée...

Et là, petit à petit, tout a tourné au cauchemar.
C'était d'abord des réflexions : "tu ne devrais pas t'habiller comme ça", "tu bois trop en soirée, ça n'est pas classe"... Puis il m'a reproché d'exprimer mes opinions, trop à gauche pour lui, lorsqu'on parlait politique en soirée (désolée mais moi, entendre "on devrait supprimer le chômage, c'est pour les feignasses", ça me tue :evil: ). Quand on faisait des soirées avec des boss de sa boîte, je devais être discrète, et surtout ne pas le contredire publiquement. J'étais là pour décorer en somme, pour faire potiche...
On partageait une grande maison à Chelsea, avec des amis à lui bossant également dans la finance. Certains étaient très gentils, c'est sûr... Mais ça ne parlait que d'argent, à longueur de temps... Cela m'insupportait... C'était le paraître, ce qui se faisait ou non, ce qui se disait ou non, ils pouvaient discerter des heures de l'âge idéal de une première rolex... :roll:
J'étouffais, car je me sentais dans l'incapacité d'être moi-même. Parce qu'à l'état brut, je n'étais pas assez raffinée, pas assez manièrée pour ce milieu. Je mettais les pieds dans le plat tout le temps. Disons-le franchement : je faisais pécore!
Et dans l'autre sens, ces soirées passées dans les boîtes branchées avec les potes qui revenaient de Dubaï pour le weekend et claquaient 1500€ de boisson dans la soirée, ça me donnait la gerbe... Ce copain de mon mec, vilain comme un poux, qui s'était trouvé une superbe fille en russie et l'avait ramenée pour l'entretenir, en l'exhibant comme un trophée...

Ca n'allait plus. Trop de différences. Il a fini par me quitter, et après coup, mon dieu je l'en remercie...


Enfin voilà, désolée, j'ai raconté ma vie là :oops: :oops: mais c'est que ton message m'a rappelé plein de souvenirs...

Ceci étant dit, je pense que le problème ne venait pas juste de notre différence de strate sociale, mais surtout du milieu dans lequel nous évoluions, celui de la finance, qui est franchement pourri, macho et vide de sens à mes yeux.

Je pense qu'un couple socialement "mixte" peut réussir, et j'ai moi-même des amis issus de milieux de grands bourgeois parisiens que j'adore, avec qui j'ai de grandes affinités.
Mais comme pour tout type de mixité (culturelle, religieuse...) je pense que cela peut être difficile.
45 ans 785
@Loris: Mais quand même c'est un peu triste de refuser la mixité sociale juste par principe. J'ai la prétention d'être une fille plutôt ouverte à l'altérité en principe et je tire pas de fierté à l'idée de rejeter un groupe juste parce que ce n'est pas le mien

@Tryskellia: Pour le coup l'adaptation est passée par l'évitement des amis pour toi. C'est peut être une solution!

@cruelladenfer: Ah je m'en sors bien en fait, y'a pas de personnel de maison à disposition. Ceci dit quand on a croisé du personnel tout court dans des resto j'ai trouvé que tous les camarades bien éduqués de mon copain manquaient singulièrement d'égards à leur endroit (faire revenir un serveur 10 fois pour rien je trouve ça naze).

@zoetincelle: Même si la situation que tu as vécue est très éloignée de la mienne ton témoignage me touche particulièrement. Si l'argent est une préoccupation importante parmi les amis de mon copain, il ne coule pas à flot ce qui évite les débordements indécents.
Ce qui me met mal à l'aise c'est plutôt la différence des valeurs au fond.
On me demande pourquoi je vis en banlieue plutôt que dans Paris intra muros, les conversations roulent sur la qualité du buffet du dernier mariage, la couleur de la nappe du prochain baptême, la fiscalisation des bons du trésor.

Je me sens en dehors de toutes leurs normes. Le mariage c'est pas mon identité, je tiens pas à me reproduire, mon fond de commerce c'est la misère parce que je bosse avec des sdf. Ils voient de la charité chrétienne là je me moque de leur représentations de la pauvreté...bref, c'est un autre monde.
42 ans RP 3487
Non je ne les evite pas ... je n'accroche pas ...
Après j'ai de la chance, pas mal de ses potes sont expatriés ... on ne les voit pas souvent ...

Je pense que l'important c'est que dans l'intimité les différences ne soient pas marquées ...
S
32 ans 3465
J'ai aussi eu un copain, je n'irais pas jusqu'à dire bourgeois, mais issu d'une famille bien aisée tout de même.

Ben il était tout le contraire de ce que vous me décrivez. Malgré de bonne études il bossait comme caissier dans un super-marché, il est d'extrême gauche et il préférait de loin les soirées en petit comité aux soirées mondaines...
793
Mes grands principes à peu près égalitaires se sont effacés avec le temps, devant la réalité.

Je ne suis pas issu d'un milieu dit aisé, ni d'un milieu populaire. Mes parents faisaient partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, avant que Mitterrand et sa clique ne la décapitent quand ils sont arrivés au pouvoir. Je n'ai pas été élevé dans un lieu où l'argent été roi, l'éducation et les bonnes manières - aucun rapport avec celles édictées par les bourgeois - étaient primordiales, surtout vis-à-vis de ma mère qui était très stricte de ce côté-là.
De près ou de loin, j'ai côtoyé beaucoup de milieux sociaux différents et ce n'est pas par choix que je suis devenu sélectif mais par ressenti, qui à l'instar de tous les sentiments, est un truc qui ne se commande pas.
Je n'ai jamais aimé la vulgarité, la grossièreté, les manières douteuses ; pas plus que le snobisme des classes aisées et tout ce qui fait qu'ils ne sont guère appréciés par le plus grand nombre.

Il y a assez longtemps de ça, j'ai rencontré une jeune femme issue d'un milieu très prolétaire et nous sommes tombés follement amoureux l'un de l'autre. Au début, c'était un peu difficile, car n'ayant pas eu la même éducation que moi, ces gestes, sa manière de s'exprimer, laissaient à désirer. Je pensais que l'amour serait plus fort que tout, qu'avec le temps, elle se sortirait de sa condition, qu'elle apprendrait de nouvelles manières - se rendant compte de la différence, elle faisait déjà de gros efforts, d'elle-même - mais je me trompais ; pour elle et moi, tout se serait déroulé à la perfection, mais il y avait la famille.

Environ un mois après notre rencontre, je fus invité à l'improviste chez ses parents pour faire connaissance. Sitôt le pied dans la maison, tout s'est écroulé devant moi. Des parents grossiers, criards et buveurs ; une soeur et un beau-frère d'une familiarité immonde. En à peine dix minutes, ils se sont comportés avec moi comme si on se connaissait depuis des lustres, voulant m'entraîner dans leur infecte beuverie (bière et vinasse !). Ma belle, je ne la reconnaissais plus ; elle était un engrenage, parfaitement intégré à la famille et j'eus le coeur déchiré tellement la déception fut cruelle.
Un geste de trop venant du beau-frère et je me levais, quittant subitement la maison.

La suite, pas la peine de la raconter, je suis sûr que vous l'imaginerez très bien...

Alors depuis ce temps-là, toutes les formes de mixité existante, c'est sans moi...
37 ans Paris 1810
@ Loris : les gens que tu décris ne sont en rien un reflet du milieu prolétaire dans son ensemble. De la même façon que les gens que moi j'ai décrit ne sont en rien le reflet des gens aisés dans leur intégralité.

J'ai beau être issue d'un milieu "prolétaire" pour reprendre le terme marxiste, chez moi la politesse a toujours été primordiale, à l'instar d'autres valeurs, comme l'importance de la lecture par exemple. Mon père n'a jamais bu du rouge à la bouteille en s'esclaffant bruyamment à une blague salace, c'était franchement pas le genre de la maison...

Donc voilà, on a pu se retrouver très mal à l'aise avec des gens d'un milieu ou d'un autre, mais ça ne nous donne pas le droit de généraliser.
793
Je ne fais pas de généralités, mais statistiquement parlant, il y a quand même plus de "chances" de tomber sur des gens qui n'ont pas d'éducation dans les milieux défavorisés - et chez les parvenus - que dans d'autres, plus élevés.
Alors je suis désolé, mais quand j'entends parler chti ou picard, je tourne les talons vite fait bien fait.
Note bien que j'aurais été aussi écoeuré que tu l'as été dans la haute société où l'argent est roi. Tu n'as fait de mal à personne en t'éclipsant, pas plus que je n'en fais dans mes choix de vie... ;)
37 ans Paris 1810
Je ne dis pas que tu fais du mal, libre à toi de fréquenter qui tu veux ;)

Mais je ne suis pas d'accord sur le lien que tu fais entre niveau social et éducation au sens "être bien élevé".

Mes amis sans le sou de banlieue étaient pour la plupart bien mieux éduqués que pas mal de gens friqués rencontrés par la suite, parfois d'un sans gêne hallucinant. Oui, ils n'allaient pas te citer Sartre ou Talleyrand à gogo, mais à une soirée, ils n'arrivaient pas les mains vides, n'avaient pas pour habitude de se plaindre ou de réclamer, ne faisaient pas de critique sur ton intérieur ou tes goûts littéraires...

Donc je ne vois pas en quoi le fait d'être issu d'une famille pauvre fait "statistiquement" (des chiffres, des chiffres!) de toi un boulet sans éducation...
793
Zoetincelle
Tes amis parisiens... Je ne te dirai pas où j'habite, mais comme indiqué dans mon profil, ça se situe quelque part en Picardie. Y a-t-il plus de prolétaires, d'assistés ou de cas sociaux qu'ailleurs ? Ca je ne saurais le dire. Par contre, ce que je sais puisque j'y vis, c'est que ces gens se remarquent très facilement grâce à leur accent du terroir, comme on dit. Certains n'ont certes pas été mal élevés, mais les ambiances guinguette et musette, les gens qu'on appelle de "bons vivants" et qui ont un mode de vie qui nous ramènent quarante ans en arrière, j'accroche pas.
Et qu'on ne vienne pas me dire que je sors des clichés. J'habite dans une commune d'environ 1 500 habitants et je suis assez bien placé pour savoir comment je suis entouré.

Des chiffres ? Ils sont similaires à la différence de niveau de vie que tu pourrais trouver entre les habitants d'Auteuil et de Barbes...

Mais il y a quand même une question que je me pose : pourquoi serait-il plus déplacé de refuser de se mélanger à des prolétaires qu'à des bourgeois ? Ni les uns ni les autres ne sont de mon milieu ; je ne fais donc aucune différence morale...
1289
J'ai été élevée dans le fric, du côté de ma mère, grande maison en banlieue, en été la maison donnant sur la mer, en hiver appartement au ski... et j'ai toujours détesté ces gens.
Ma copine ch'ti, quand je me suis paumée à 15mn de chez elle l'autre jour, est venue me chercher à pied, m'a ramenée chez elle, zou assieds toi, me glisse une assiette, t'es ici chez toi. Alors qu'elle à pas une thune et trois mômes en bas âge.
Oui, chez elle ça parle fort, et ils regardent les Feux de l'Amour, et non c'est sûr qu'on va pas avoir un discussion sur le dernier Goncourt, mais ils sont honnêtes et si ils t'aiment pas, tu le sais tout de suite!!

Suis complètement HS, je sais :)
S
87 ans 4951
Je n'ai rien à ajouter au post de méphisto puisque mon mari et moi sommes du même milieu (quoi que non mon mari est de la classe moyenne supérieure et moi d'un milieu très pauvre et paysan).

Par contre, je voudrais dire que je partage l'avis de Zoétincelle.

Sans habiter la picardie je peux dire que mon père avait un accent du terroir à couper au couteau et je suis obligée de dire loris que je pense que tu fais des amalgames qui me dérangent.

Ce n'est pas parce qu'on a un accent du terroir qu'on est sans éducation et c'est un raccourci que tu fais un peu vite. Que tu n'aimes pas les gens qui parlent chti ou picard c'est une chose, mais je pense que derrière l'accent il y a toute une gamme de palettes de comportement.

2 de mes amies sont issues de milieu bourgeois avec facilités financières et elles ont beaucoup souffert de plein de choses pourtant dites sans accent du terroir et en surface on ne voyait rien.

Attention quand même à ne pas faire de généralités tu seras le premier à ne pas aimer des phrases qui disent que tous les hommes sont pareils (je n'aime pas non plus).
B I U