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Et si je n'ai envie QUE de pizzas?

45 ans Paris 9866
C'est une question fréquente au sujet de la ra: manger ce qu'on veut, ouais, mais moi je n'ai envie que de pizzas et jamais de légumes, ne vais-je pas grossir?

D'abord,  
la ra ce n'est pas "manger ce qu'on veut" au sens d'un laisser-aller qui ne s'interroge pas lui-même. Au contraire, il s'agit d'élever (au début drastiquement) son niveau d'attention à ses sensations, donc c'est surtout un problème et une difficulté de définir "ce qu'on veut".

Ensuite, quand on n'a "envie" que de pizza, c'est justement qu'on n'est pas en ra mais encore en restriction cognitive (vous savez, le truc chiant dont on ne veut pas admettre qu'on y est toujours un peu, et au sujet duquel on préfère se mentir sur le mode "c'est normal de faire un peu attention"). C'est quand au fond de nous l'aliment est encore condamnable et condamné, qu'on le survalorise et cherche à le consommer sans discernement.

Idem pour les brocolis vapeur d'ailleurs: si on prétend n'avoir jamais "envie" que de ça (j'ai connu une femme qui en mangeait chaque jour que dieu fait! et elle s'étonnait de compenser le soir par une boîte entière de bâtonnets glacés)... c'est probablement qu'on est encore très esclave de la distinction aliments sains / aliments diaboliques. Et cette distinction prend des années à être déconstruite.

Donc, non, on ne peut pas être en ra et n'avoir envie "que" d'un type de nourriture, c'est intrinsèquement contradictoire.

De plus, la ra est un cercle vertueux:
- en variant les plats (et en les préparant au moins de temps en temps soi-même), on est plus attentif à ses sensations;
- en étant attentif à ses sensations, on a davantage envie de varier son alimentation.

;)
90 ans 9582
si j'ai bien compris la RA, on lâche prise au début de la démarche pour se rendre compte assez vite par soi-même que non, finalement, on a pas réellement envie QUE de ci ou de ça ? que si la pizza n'est plus diabolisée, elle nous fera subitement moins envie ?
45 ans Paris 9866
a-nonyme a écrit:
si j'ai bien compris la RA, on lâche prise au début de la démarche pour se rendre compte assez vite par soi-même que non, finalement, on a pas réellement envie QUE de ci ou de ça ? que si la pizza n'est plus diabolisée, elle nous fera subitement moins envie ?


C'est pas vraiment un lâcher-prise chaotique... Z m'a demandé un aliment tabou (j'ai pris les chips) et ensuite fait l'exercice de remplacer 3 déjeuners par ça pour me rendre compte que ça ne faisait pas grossir du tout.
Ce sont en fait des exercices bien cadrés, pas juste: nutella et saindoux à volonté sans s'interroger! :lol: ;)
90 ans 9582
oui j'imagine bien c'est pas lâchez les chiens, feu à volonté :lol:

on choisit son aliment le plus désiré/culpabilisant c'est ça ?
90 ans 9582
ah ptain saindoux je me sens mal d'un coup :sick: :lol:
39 ans Sous les pins!!! 7782
quand j'ai commencé la RA, le fait de devoir zappé l'idée d'aliment tabou m'a fait un peu peur.
Je ne pensais pas que je n'aurais envie que de "malbouffe" ou de truc super gras, mais je me posais la question de la reconnaissance de mes envies.
Au final je me suis rendue compte que en écoutant vraiment mes envies mon alimentation devenait même plus varié et donc "équilibré" qu'avant.
C'est d'ailleurs ce qui m'a vachement rassuré car je me rends compte à force que j'ai plaisir à manger une pizza ou un mac do de temps en temps par exemple mais j'ai aussi beaucoup de plaisir (voir plus) à manger une soupe ou un bon gratin de légumes maison!
Par contre moi qui ne cuisiner quasiment pas (mon homme le fait trés bien :lol: ) je m'y suis un peu mise justement pour pouvoir "choisir" ce que je voulais et pas forcément "subir" ce que mon homme avait envie!
39 ans très au sud 7887
Je nuancerais un peu ton propos Poupoule, on peut avoir envie que d'un aliment oui, mais sur une période courte.
par exemple dès qu'il fait froid et les jours sont courts j'ai une furieuse envie de tartine de pain allemand au fromage à raclette fondu... et j'en mange tous les jours pendant une semaine quasi. Mais c'est une "période" et j'ai compris que mon corps à ce moment là a besoin de cela, du coup je laisse faire et ne résiste pas! Ça revient régulièrement pendant l'hiver et ensuite je peux ne plus en manger pendant des mois en été sans ressentir le moindre manque et la moindre envie.
Un peu pareil en inversé avec le gazpacho en été dont je n'ai pas du tout envie l'hiver.
Et pour les aliments "périodiques" aussi j'en fait des "cures" quand ils sont dispo de saison: asperges, fraises surtout ^^ mais je les mange surtout parce que je les adore!

Et puis pour les pizzas il y a pizza et pizza. Il y a la pizza industrielle et la pizza maison, elles n'ont rien à voir!
Je n'aime pas trop la première version qui en plus a des déclinaisons limitées. Par contre la seconde je peux en manger pendant une semaine sans me lasser parce que je peux varier les garnitures: aubergines et chèvre, artichaut et jambon cru, courgette et fêta, épinards et ricotta, chorizo et saint jacques, chorizo et artichauts, etc etc... le tout avec de la bonne sauce tomate maison du jardin. Bref les saveurs sont alors variées et infinies! Mais du coup ce n'est plus exactement le même aliment...
Il me semble que parallèlement à la démarche de RA, une des clés est d'essayer de cuisiner un peu (et voir si cela peut être un plaisir) pour renouer avec les aliments et les saveurs. Travailler physiquement les aliments ça peut changer la relation qu'on a avec eux aussi.
90 ans 9582
Faustine c'est clair que c'est trop terrorifiant :lol: moi j'ai pas pu réussi ma RA à cause de ça :oops:
48 ans Lorraine 4326
mes consommations alimentaires ont vraiment changées avec la RA ( je n'avais pas de tca) .
Les pates etaient un aliment "tabou" avant, j'en mangeais donc souvent, comme le truc que je defie , c'est interdit DONC j'en mange.
Depuis la RA je mange des legumes à chaque repas car j'ai envie de legumes et mes envies de pates sont rares, ce n'est vraiment plus à un aliment qui me fait saliver, par contre les courgettes... miam !
39 ans Sous les pins!!! 7782
ba au final je me suis vite rendue compte que la variété de ce que je mange est super importante.
Autant quand c'est la période des cerises par exemple je peux en manger à chaque repas sans soucis (mais ça c'est valable que pour certains aliments très saisonnier) autant tu me feras pas manger de la pizza 3 soirs d'affilés (pourtant j'adore les bonnes pizza!).
Y'a pas longtemps je me suis fait une "cure" d'aubergine! Tous les midis j'en mangeais!! Mais voilà j'adore ça et c'est quand même saisonnier. Après je ne l'aurais pas fait pendant 2 semaines non plus!
39 ans très au sud 7887
oui l'aubergine d'automne, j'en ai en curry au frigo là :D
les asperges vertes pour moi ça semble être comme les cerises pour toi Faustine, quand elles sont là j'en mange très très souvent!
45 ans Paris 9866
a-nonyme a écrit:
oui j'imagine bien c'est pas lâchez les chiens, feu à volonté :lol:

on choisit son aliment le plus désiré/culpabilisant c'est ça ?


Oui, il faut prendre un aliment dont on est vraiment convaincu qu'il fait grossir, qu'il fait déraper (dès qu'on en mange un peu, on en mange beaucoup), etc.

Et bien sûr les gens à qui s'adresse ce post sont ceux qui sont réellement convaincus de n'être attirés que par la junk food, pas ceux qui ont des habitudes pendant un temps donné (type raclette en hiver ou salade en été).

C'est vraiment une question centrale dans le lâcher prise: je ne peux pas manger "n'importe quoi", je ne peux pas totalement indifférencier la nourriture (ni sain, ni diabolique) car sinon tout peut partir à vau l'eau, il FAUT que je compare un peu les calories et/ou les protéines, etc.
90 ans 9582
c'est qu'est ce que je pensais : je suis incapable de ce lâcher-prise :oops:
90 ans 9582
en fait ça peut marcher sur les gourmands qui ressentent du plaisir à manger, non ? moi je n'ai que le versant culpabilité qui va normalement de pair avec le plaisir/désir :(
45 ans Paris 9866
a-nonyme a écrit:
en fait ça peut marcher sur les gourmands qui ressentent du plaisir à manger, non ? moi je n'ai que le versant culpabilité qui va normalement de pair avec le plaisir/désir :(


La culpabilité, ça se travaille!
On creuse ce qu'il y a derrière ce mot... on trouve des représentations... on les contrecarre avec des exercices appropriés ;)

Les vrais gourmands n'ont pas besoin de la ra, ils savent organiser leur plaisir (comme par exemple ne pas manger trop).
B I U